Eau minérale naturelle
« Eau microbiologiquement saine provenant d'une nappe ou d'un gisement souterrain exploité à partir d'une ou plusieurs émergences naturelles ou forées constituant la source. Elle témoigne, dans le cadre des fluctuations naturelles connues, d'une stabilité de ses caractéristiques essentielles, notamment de sa composition et de sa température à l'émergence, qui n'est pas affectée par le débit de l'eau prélevée. Elle se distingue des autres eaux destinées à la consommation humaine :
Par sa nature, caractérisée par sa teneur en minéraux, oligo-éléments ou autres constituants ;
Par sa pureté originelle ;
L'une et l'autre caractéristiques ayant été conservées intactes en raison de l'origine souterraine de cette eau qui a été tenue à l'abri de tout risque de pollution.
Établissements thermaux
Établissements qui utilisent sur place ou par adduction directe, pour le traitement interne ou externe des malades, l’eau d’une ou plusieurs sources minérales naturelles régulièrement autorisées ou ses dérivés (boues et gaz)
Il convient de différencier les cures thermales, des activités thermoludiques (piscine à jets, jacuzzi, spas…) qui n’ont pas vocation à traiter des pathologies mais sont des activités à des fins récréatives. Les activités thermoludiques sont soumises à la réglementation piscine (Piscines | Agence régionale de santé Occitanie)
Certains établissements thermaux proposent à la fois des cures thermales et des activités de thermoludisme.
Les effets thérapeutiques des eaux thermales sont évalués et reconnues par l’Académie Nationale de Médecine (ANM)
12 Orientations thérapeutiques sont actuellement prises en charge par l’Assurance maladie :
L’Occitanie compte 28 établissements thermaux. Toutes les orientations thérapeutiques mentionnées ci-dessus sont représentées en Occitanie.
Le thermalisme, c’est 12 orientations thérapeutiques, 18 jours de cures remboursés et souvent 21 jours de présence dans une station thermale. Les établissements sont généralement fermés 4 mois de l’année
144 000 curistes « conventionnés » ont fréquenté les établissements thermaux d’Occitanie en 2023 en Occitanie et 149 000 en 2024, contre 183 000 en 2019 (année de référence avant Covid). L’établissement thermal de Balaruc-les-Bains reste l’établissement avec la plus forte fréquentation annuelle en France (50 265 curistes en 2024)
28 établissements thermaux en Occitanie qui disposent d’autorisations préfectorales et de conventions avec l’assurance maladie
38 captages d’eau minérale naturelle autorisés pour des soins thérapeutiques en Occitanie. Un établissement peut exploiter un ou plusieurs captages
L’eau minérale naturelle étant caractérisée par sa « pureté originelle », elle ne doit pas subir de traitement de désinfection, à l’exception des piscines thermales qui peuvent être chlorées et de certains postes de soins à risque (comme les soins ORL) où des UV peuvent être installés en amont direct du poste de soins.
Des traitements de de séparation des constituants naturellement présents tels que le fer, le soufre, l’arsenic ou le fluor peuvent être mis en place.
L’établissement thermal doit mettre à disposition des curistes les informations concernant :
- les qualités thérapeutiques de l’eau minérale
- les caractéristiques de l’eau
- les traitements utilisés
- la date et les résultats d’analyses du dernier contrôle sanitaire réalisé
L'ARS est chargée :
De l’instruction des demandes d’autorisation d’exploitation des captages d’eau minérale naturelle utilisée à des fins thérapeutiques
Du contrôle sanitaire de la qualité de l’eau minérale des captages et des postes de soins et la gestion des dérives en fonction des catégories de soins
Du contrôle et l’inspection des établissements dans le cadre du plan régional inspection contrôle de l’ARS (hors protocole ARS-Préfet)
De sensibiliser les établissements thermaux à la bonne maîtrise de la qualité de l’eau thermale et aux bonnes mesures d’hygiène
En cas de non-conformités, l’ARS peut demander la fermeture temporaire du poste de soin ou de l’usage de la ou des sources d’eau minérale naturelle jusqu’au retour à la conformité.
L’ARS contrôle également certaines dispositions de code de la santé publique relatives aux soins thermaux : présence d’un médecin thermal désigné, présence d’infirmières/kinésithérapeutes, relations curistes-personnels soignants, dossier médical, agents thermaux formés, protocoles de soins….
Les exploitants sont tenus de mettre en place une démarche qualité sur la base d’un plan HACCP (Hazard Analysis critical control point = point de contrôle pour la maitrise). Des protocoles de nettoyage, bonnes pratiques d’hygiène, surveillance, gestion des non-conformités, gestion des réclamations doivent notamment être rédigées et appliquées.
En parallèle du contrôle sanitaire obligatoire commandité par l’ARS, les établissements thermaux doivent réaliser des analyses de surveillance afin de suivre au mieux la qualité de leur eau. Les résultats de ses analyses peuvent être demandées par l’ARS en cas de contamination.
L’exploitant se doit de tenir à jour un carnet sanitaire, dans lequel sont notamment indiqués la date des différentes opérations de maintenance, de nettoyage et désinfection des réseaux et installation, les non-conformités survenues, les accidents, les réclamations curistes…
Un bilan annuel de la qualité de l’eau doit être transmis à l’ARS en fin d’année.
Nom de l’établissement thermale | Nombre de prélèvements (2025) | Conformité microbiologique | Conformité physico-chimique |
|---|---|---|---|
| Ax-les-Thermes (09) | 88 | 94,3% | 100% |
| Aulus-les-Bains (09) | 23 | 95,7% | 100% |
| Ussat-les-Bains (09) | 24 | 100% | 100% |
| Rennes-les-Bains (11) | 57 | 85,7% | 100% |
| Cransac-les-Thermes (12) | 22 | 100% | 100% |
| Allègre-les-Fumades (30) | 68 | 100% | 100% |
| Bagnères-de-Luchon (31) | 135 | 94,8% | 99,3% |
| Salies-du-Salat (31) | 30 | 96,7% | 100% |
| Thermes de Barbotan (Cazaubon 32) | 110 | 92,7% | 100% |
| Castéra-Verduzan (32) | 42 | 92,9% | 100% |
| Lectoure (32) | 63 | 69,8% | 100% |
| Avène-les-Bains (34) | 112 | 96,4% | 83,9% |
| Balaruc-les-Bains (34) | 198 | 94,9% | 100% |
| Lamalou-les-Bains (34) | 185 | 94,6% | 99,5% |
| Bagnols-les-Bains (48) | 33 | 97,0% | 100% |
| La Chaldette (48) | Etablissement fermé en 2025 | ||
| Argelès-Gazost (65) | 132 | 79,5% | 100% |
| Bagnères-de-Bigorre (65) | 154 | 86,8% | 100% |
| Barèges (65) | 53 | 94,3% | 100% |
| Capvern-les-Bains (65) | 48 | 85,4% | 100% |
| Cauterets (65) | 71 | 97,2% | 100% |
| Luz-Saint-Sauveur (65) | 32 | 100% | 100% |
| Saint-Lary-Soulan (65) | 49 | 98,0% | 100% |
| Amélie-les-Bains (66) | 165 | 90,3% | 100% |
| Le Boulou (66) | 131 | 90,8% | 100% |
| Molitg-les-Bains (66) | 81 | 100% | 100% |
| Preste-les-Bains (66) | 85 | 97,6% | 100% |
| Vernet-les-Bains (66) | 92 | 93,5% | 100% |
Les résultats sont exprimés en pourcentage de conformité tous prélèvements confondus (captages, postes de soins, piscines thermales).
Certaines autorisations d’exploitation de ressources thermales sont anciennes sur la région. Il existe encore, pour certains captages, des arrêtés ou décrets de la fin du XIXème voir même des décrets impériaux de Napoléon III.
L’ARS Occitanie est mobilisée pour demander progressivement la révision des autorisations avec un dossier technique à mettre à jour au regard de l’exploitation actuelle, de la réglementation et des enjeux d’aujourd’hui.
Certaines ressources sont fragiles sur leur qualité car très anciennes ou simplement parce qu’il s’agit des sources originelles qui coulent en émergence et toujours exploitées, souvent pour des buvettes. Le changement climatique peut exacerber la fragilité (quantitative/qualitative) de certaines ressources d’eau thermale déjà fragiles.
En outre, certains établissements récupèrent les calories d’une partie de leurs eaux thermales naturellement chaudes.





