L’eau n’est pas naturellement potable. Dans son parcours jusqu’à nos robinets, elle se charge d’éléments indispensables à notre santé mais peut également rencontrer des éléments potentiellement néfastes pour les consommateurs. C’est pourquoi, souvent, l’eau doit subir plusieurs traitements avant d’être considérée comme potable.
Un aliment, essentiel à la vie, consommé par la quasi-totalité de la population, est mis à disposition des populations 7 j/7 et 24h/24.
L’eau du robinet est distribuée et consommée dès sa production, de façon continue, ce qui nécessite un contrôle permanent. L’eau de consommation humaine est plus réglementée que les autres produits alimentaires et doit répondre à de nombreux critères de qualité.
L’alimentation de la population par une eau du robinet de bonne qualité est un enjeu de santé publique. Les services de l’État sont soucieux de ne pas relâcher les efforts qui ont historiquement permis de faire reculer les maladies d’origine hydrique sur le territoire national.
Pour garantir la qualité de l'eau distribuée, les acteurs de l’alimentation des populations en eau potable ont des rôles complémentaires et parfois imbriqués. Chaque acteur engage sa responsabilité dans l’exercice des compétences qui lui sont propres, mais peut aussi être co-responsable d’actions avec d’autres acteurs : pour en savoir plus cliquez ici
La production et la distribution d’eau potable en Occitanie
En Occitanie, 4 500 captages publics sont utilisés pour alimenter les 3 160 stations de traitement et les 3 700 réseaux qui distribuent l’eau aux habitants de la région.
L’eau utilisée pour la fabrication de l’eau potable provient pour 70% de captage d’eau souterraine (nappes superficielles et profondes) et pour 30% d’eau superficielle (lacs ou cours d’eau).
En Occitanie, 73,4% des captages bénéficient d’une protection réglementaire. C’est plus de 90% de la population qui est alimentée par un captage autorisé et protégé.
Il reste ainsi encore des captages à protéger. Pour la grande majorité, les procédures de protection sont en cours.
Pour s’assurer que l’eau fournie pour la consommation humaine est bien conforme aux exigences de qualité, il est le plus souvent nécessaire de traiter l’eau avant de la distribuer aux consommateurs. Ce traitement peut aller d’une simple chloration à des stations complètes de traitement mettant en œuvre différents procédés.
Chaque ressource en eau a ses propres caractéristiques, mais il est malheureusement rare qu’une ressource en eau soit propre à la consommation sans aucun traitement. Le traitement de l’eau vise à modifier les caractéristiques de l’eau dite « brute » afin respecter les limites de qualité et de s’assurer qu’elle ne présente aucun danger pour la santé.
Certaines ressources en eau sont de qualité conforme à la règlementation et ne sont donc pas traitées. Ces ressources sont contrôlées en continu pour s’assurer qu’elles restent propres à la consommation. Parfois, un mélange entre deux eaux aux caractéristiques complémentaires permet d’obtenir un mélange conforme sans autre traitement.
Plusieurs procédés sont utilisés pour le traitement de l’eau, leur complexité et leur coût sont très variables Les traitements ci-dessous n’existent pas sur toutes les filières, la complexité d’un traitement dépend de la qualité de l’eau à traiter. On retrouve par exemple souvent sur des ressources petites ou moyennes, en zone montagneuse notamment, seulement une filtration simple et une chloration. Attention cependant, une eau limpide même en haute montagne n’est pas nécessairement sans danger, la plupart des substances ou agents pathogènes dangereux sont invisibles à l’œil nu !).
Pour des ressources touchées par des pollutions naturelles ou dues aux actions humaines, d’autres traitements intermédiaires sont souvent nécessaires.
Dégrillage ou tamisage : La plupart des ressources, en particulier celles en contact avec la surface, contiennent des matières diverses (objets, déchets). Une filtration des gros éléments (dégrillage) puis des plus petits (tamisage, souvent avec sable plus ou moins fin) permet de séparer ces déchets de l’eau.
Floculation puis décantation ou flottation : Après avoir éliminé les objets visibles dans l’eau par tamisage, des particules invisibles à l’œil nu peuvent rester dans l’eau et gêner la désinfection. Il est donc nécessaire de regrouper ces particules en utilisant un floculant, puis de laisser décanter ou flotter les « flocs » ainsi formés pour les retirer ensuite.
Aération ou « stripping » : Certains polluants sont volatiles (hydrocarbures, gaz dissous, radon) et peuvent être éliminés en aérant l’eau passivement ou activement par injection d’air. Les polluants volatiles sont alors évacués avec l’air.
Filtrations : Malgré la floculation certaines substances microscopiques peuvent subsister. Selon leur taille, on utilise alors des filtres de plus en plus fins (ultrafiltration, osmose inverse, nano filtration). Ces procédés ciblent notamment certains pesticides.
Charbon actif : L’utilisation de charbon actif, en grain ou en poudre, remplit plusieurs fonctions. Elle retire (ou adsorbe) les substances responsables de goûts ou odeurs inhabituels dans l’eau. Elle adsorbe aussi certains pesticides, PFAS, hydrocarbures ou métaux lourds.
Affinages divers : D’autres traitements peuvent être appliqués pour certaines substances particulières.
Certains traitements ciblent les mêmes paramètres, mais peuvent être utilisés en complément pour supprimer un plus grand pourcentage de ces substances, ou encore pour éviter de consommer une quantité excessive de réactifs.
Afin d’éviter d’employer un traitement complexe et donc coûteux, il est important de choisir des ressources en eau de bonne qualité et donc de protéger ces ressources en eau.
Désinfection : Les paramètres microbiologiques peuvent être présents dans quasiment toutes les ressources et ne sont pas tolérables dans l’eau potable. Il est alors nécessaire d’appliquer un traitement désinfectant, le plus simple et accessible étant le chlore. La chloration demande une faible quantité de chlore (environ une goutte pour 1000 litres d’eau) et désinfecte durablement l’eau. D’autres techniques de désinfection existent, mais ne permettent pas de maintenir la désinfection en aval de la station de traitement : Ozonation, rayons Ultra-violets. La désinfection ne fonctionne cependant que pour des ressources de bonne qualité physique et chimique, car d’autres substances ou matières présentes dans l’eau empêchent de neutraliser les agents pathogènes.
De très nombreux paramètres sont surveillés pour garantir que l’eau est bonne pour la consommation humaine. Tous n’ont pas les mêmes conséquences potentielles sur la santé ou les mêmes limites et références de qualité.
Principes généraux sur les risques sanitaires dans l’eau potable :
- Une eau transparente n’est pas forcément potable ou sans danger (de nombreuses substances sont microscopiques, notamment les bactéries, virus et certains parasites),
- Pour certains paramètres comme pour les paramètres microbiologiques, les risques sont immédiats, on parle de risque à court terme. Pour la plupart des autres paramètres, on parle de risque à moyen terme ou à long terme (hormis dans le cas d’une pollution accidentelle).
- Pour les paramètres microbiologiques, les conséquences sur la santé d’un dépassement de normes dépendent de la sensibilité des personnes exposées (enfants en bas âge, personnes âgées, personnes immunodéprimées…), de la nature des germes pathogènes en présence mais aussi de leur concentration. Les symptômes sont le plus souvent de type gastro-entérite
- La plupart des substances ne sont dangereuses qu’au-delà d’une certaine concentration,
- Pour calculer à quelle concentration une substance dans l’eau présente un danger pour la santé, on prend on compte la consommation d’eau durant toute une vie.
- Certains paramètres ont des conséquences mal connues sur la santé, on applique alors le principe de précaution en attendant une expertise scientifique qui permette de déterminer une limite réglementaire de qualité.
Plus d’informations :
Les paramètres contrôlés
Le contrôle sanitaire mis en œuvre par les Agences Régionales de Santé (ARS)
L’ARS s'assure de la qualité de l'eau distribuée conformément à la réglementation en vigueur. Elle réalise l’instruction des demandes d’autorisation pour la production et la distribution de l’eau potable et l’inspection des installations. Elles assurent également la mise en œuvre du contrôle sanitaire réglementaire avec notamment des prélèvements pour analyses au niveau :
- de la ressource (captage),
- de la distribution (robinet de l’abonné et/ou point public).
Les fréquences des analyses et les paramètres analysés sont fixés en fonction des débits, de la population desservie ainsi que des risques potentiels.
La qualité de l’eau du robinet est évaluée par rapport à des exigences réglementaires pour une soixantaine de paramètres microbiologiques et physico-chimiques, sans compter les pesticides (jusqu’à 272 molécules de pesticides sont analysées). Les prélèvements et analyses sont réalisés par des laboratoires certifiés COFRAC et agréés par le Ministère chargé de la Santé.
Les prélèvements se répartissent entre les captages (CAP), les mélanges de captages (MCA), les sorties de station de production d’eau (TTP) et les réseaux de distribution ou unités de distribution (UDI), c’est-à-dire le robinet du consommateur.
En 2025, 39865 prélèvements ont été réalisés en Occitanie.
La surveillance exercée par la personne responsable de la production et / ou de la distribution de l’eau
La commune ou le syndicat d’alimentation en eau potable, ainsi que son éventuel délégataire de service, doit réaliser une surveillance permanente afin de s’assurer que l’eau distribuée soit sans risque pour la santé. Celle-ci est obligatoire, elle comprend notamment des analyses dont les paramètres et leur lieux de prélèvement sont déterminés via la démarche de plan de gestion de la sécurité sanitaire de l'eau (PGSSE).
Les actions en cas de non-conformité
Lorsque les résultats des analyses de l’eau mettent en évidence un possible risque pour la santé des personnes, la personne responsable de la distribution de l’eau doit prendre toutes les mesures permettant de soustraire la population à ce risque. L’Agence Régionale de Santé évalue les risques et s’assure que la population a été informée et que des mesures suffisantes ont bien été prises.
Par délégation du Préfet, l’Agence Régionale de Santé peut demander à la personne responsable de la distribution de l’eau de rétablir rapidement la qualité de l’eau distribuée et de traiter les causes de l’anomalie afin de prévenir d’autres incidents. Le Préfet peut en outre, sur rapport du Directeur Général de l’ARS, prendre les mesures conservatoires qui s’imposent (interdiction de la consommation, mise en demeure d’effectuer des travaux, etc.).
L’eau distribuée doit répondre à 2 types d’exigences sanitaires :
- Les limites de qualité
Paramètres dont une concentration excessive dans l’eau entraine des risques pour la santé du consommateur.
Exemples : Paramètres microbiologiques et substances indésirables ou toxiques (nitrates, métaux, pesticides, sous-produits induits par la désinfection, …).
- Les références de qualité
Des paramètres indicateurs de qualité, témoins du fonctionnement des installations de production et de distribution.
Le dépassement de ces références peut être à l’origine de désagrément pour le consommateur, ou témoigner de dysfonctionnements pouvant causer un risque sanitaire à moyen ou long terme.
Exemples : Une conductivité trop faible peut générer des pollutions si le réseau de canalisation comprend des éléments en plomb ou en cuivre, une turbidité trop élevée peut témoigner d’un défaut de traitement et va diminuer l’efficacité du chlore contre les agents microbiologiques…
L’eau du robinet, destinée à la consommation humaine, fait l’objet de contrôles permanents. L’eau distribuée en France et notamment en Occitanie est de bonne qualité, conformément aux niveaux définis par l’Union Européenne fondés sur les évaluations menées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Quelques recommandations de consommation
Au quotidien, il existe quelques règles simples de consommation et d’utilisation de l’eau du robinet :
- laisser couler l’eau avant de la consommer lorsqu’elle a stagné dans les canalisations, de quelques secondes à une à deux minutes (en cas de stagnation prolongée, après plusieurs jours d’absence, par exemple) ;
- utiliser l’eau du réseau d’eau froide pour la boisson, la préparation ou la cuisson des aliments : une température élevée peut favoriser le transfert dans l’eau des métaux qui constituent les canalisations et la dégradation de la qualité bactériologique ;
- laisser l’eau du robinet dans une carafe ouverte pendant quelques heures dans le réfrigérateur pour éliminer un éventuel goût de chlore.
En l’absence de consignes particulières du responsable de la distribution, du maire ou de l’ARS (ou éventuellement du médecin pour les nourrissons), l’eau du robinet peut être consommée sans risque.





