Connaître la qualité de l’eau de baignade en mer ou en eau douce est indispensable pour prévenir tout risque pour la santé des baigneurs. Chaque année, les communes sont chargées de recenser les sites de baignades situés sur leur territoire, qu'elles soient gérées par une personne publique ou privée.
Une double surveillance pendant toute la saison balnéaire
La baignade se pratiquant en milieu naturel, sans possibilité de traitement, la qualité des eaux de baignade fait l’objet d’une double surveillance durant toute la saison balnéaire.
Cette surveillance est organisée en fonction des dates d’ouverture des sites, généralement
du 15 juin au 15 septembre :
Surveillance quotidienne assurée par le responsable du site,
Contrôle sanitaire mené par l’Agence Régionale de Santé (ARS).
Des prélèvements sont réalisés en des points fixes, situés dans
les zones les plus fréquentées ou celles les plus à risque de pollution. En moyenne, 5 prélèvements par site en eau douce et 13 prélèvements par site en mer sont effectués durant la saison, avec une première analyse entre 10 et 20 jours avant l’ouverture.
Ces prélèvements sont réalisés par un laboratoire mandaté par l’ARS et agréé par le ministère chargé de la Santé.
Les analyses sont de deux types :
- Observations de terrain : changement anormal de la coloration, présence de déchets, fréquentation…
Analyses microbiologiques : détection de bactéries Escherichia coli et entérocoques. Le contrôle des deux paramètres microbiologiques réglementés peut être complété par l'ARS en ajoutant d'autres paramètres (cyanobactéries, etc.) si le suivi en est jugé pertinent en raison d'une vulnérabilité connue du site de baignade ou d'un risque suspecté
Pour en savoir plus sur les paramètres contrôlés : le site baignades.sante.gouv.fr
Retrouvez en bas de pages les résultats de la qualité des eaux de baignade dans votre département
Une qualité dégradée de l'eau peut conduire à des affections de santé, le plus souvent bénignes (troubles ORL, troubles gastro-intestinaux). La contamination peut provenir de rejets d‘eaux usées (dysfonctionnement de station d’épuration), d’animaux, ou de ruissellements en cas de fortes pluies. Les résultats sont communiqués sous 48h et affichés sur le site. En cas de non-conformité, des mesures comme l’interdiction de baignade peuvent être prises. Une enquête est alors menée et la baignade n’est réautorisée qu’après amélioration de la qualité de l’eau.
Le classement des baignades sur 4 ans : une image réaliste du site de baignade et un outil au service des collectivités
Le classement des baignades est déterminé grâce à des seuils établis par une directive européenne. Ce classement sur 4 ans permet de disposer d’une image réaliste du site de baignade car il donne moins d’importance aux pics isolés de pollution, et plus d’importance aux pollutions chroniques.
Cette approche pluriannuelle offre également aux collectivités et gestionnaires une lecture objective de l’évolution de la qualité des eaux dans le temps, en mettant en évidence les effets des aménagements, des travaux d’assainissement ou des actions de prévention des pollutions. Le classement constitue ainsi un outil d’aide à la gestion des sites et un levier d’amélioration continue pour garantir une baignade conforme aux exigences sanitaires européennes
En 2025, en Occitanie 100 % des eaux de baignade en mer et 92,09 % des baignades en eau douce sont classées en excellente ou bonne qualité. On constate une stabilité de la qualité des eaux de baignade de notre région.
Les cyanobactéries, aussi appelées « algues bleues », sont des micro-organismes présents dans les eaux douces. Leur prolifération, favorisée par des facteurs comme la chaleur, la lumière ou la présence de nutriments, peut devenir problématique car elles produisent alors des toxines qui peuvent être dangereuses pour la santé humaine et animale. Elles peuvent apparaître sous forme d’écume, de biofilms ou de dépôts verts/bruns dans l’eau.
Une surveillance régulière est menée sur les sites de baignade à risque.
En 2025, en Occitanie, plusieurs sites ont été temporairement fermés ou placés sous vigilance (information et sensibilisation du public par affichette) à cause de la présence excessive de cyanobactéries, notamment sur la rivière du Tarn, ainsi que sur des plans d’eau. Des actions d’information ont été mises en place pour prévenir le public et limiter les risques.
Pour en savoir plus sur les cyanobactérie consultez notre page
Prévention des noyades en Occitanie : renforcer la vigilance face à un risque en hausse
Avec ses 220 kilomètres de littoral méditerranéen, ses nombreux lacs, rivières et zones de loisirs aquatiques, l’Occitanie est particulièrement exposée au risque de noyade pendant la période estivale. Les fortes chaleurs et l’augmentation de la fréquentation des lieux de baignade renforcent encore ce risque.
Selon Santé publique France, l’été 2025 a été marqué par une hausse importante des noyades au niveau national comme au niveau régional :
1 418 noyades recensées dont 409 mortelles, soit une augmentation du nombre de noyades de 14 % par rapport à 2024.
En Occitanie : 194 noyades dont 50 mortelles pendant l’été 2025 soit une augmentation du nombre de noyades de 18,3 % par rapport à 2024.
Source – Santé publique France Bilan final de la surveillance épidémiologique des noyades été 2025
L’Occitanie parmi les régions les plus concernées
Les régions du sud de la France concentrent une grande partie des noyades recensées chaque été. L’Occitanie figure parmi les territoires les plus touchés en raison de l’attractivité de son littoral et de ses sites naturels de baignade. Les noyades concernent tous les âges et tous les types de lieux de baignade : mer, piscines privées, lacs, rivières et plans d’eau. Les enfants restent particulièrement vulnérables, mais les adultes représentent la majorité des décès. Durant la période estivale 2025, 57 % des noyades ont concerné des adultes.
Les fortes chaleurs augmentent les risques
Avec l’arrivée précoce des fortes chaleurs cette année, de nombreuses noyades sont déjà à déplorer au niveau national. En 2025, les épisodes de canicule de l’été avaient fortement contribué à l’augmentation des accidents. Entre le 19 juin et le 8 juillet 2025, période marquée par des vigilances orange et rouge canicule, les noyades avaient augmenté de 135 % par rapport à la même période en 2024.
En Occitanie, la fréquentation très importante des plages et des baignades en rivière et plans d’eau pendant les fortes chaleurs accroît les comportements à risque : baignades dans des zones non surveillées, fatigue liée à la chaleur, surestimation de ses capacités physiques ou consommation d’alcool. La prudence est particulièrement importante dans les rivières et les plans d’eau naturels, dont les dangers sont souvent sous-estimés : courants, profondeur variable, eau froide ou obstacles immergés.
Les bons réflexes pour éviter les noyades
Les enfants : on ne les quitte pas des yeux et on se baigne avec eux !
- Surveiller de manière active et permanente les jeunes enfants.
- Ne jamais quitter des yeux les enfants qui jouent au bord de l’eau.
- Se baigner avec les jeunes enfants.
- Désigner un seul adulte par enfant pour la surveillance
pendant la baignade.
Apprendre à nager est un élément clé :
- Familiariser les enfants au milieu aquatique dès le plus jeune âge et leur apprendre à nager le plus tôt possible : bébés nageurs (jusqu’à 3 ans), aisance aquatique (de 4 à 6 ans), apprentissage de la nage (à partir de 6 ans).
- Quel que soit son âge, il est toujours temps d’apprendre à nager.
Pour que se baigner reste un plaisir, soyons prudents et vigilants !
- Respecter les consignes de sécurité et les interdictions
de baignade. - Privilégier les zones de baignades surveillées, sécurisées
par des sauveteurs professionnels. - Se renseigner sur les conditions météorologiques.
- Ne pas surestimer ses capacités, écouter son corps et reporter sa baignade en cas de fatigue, problèmes de santé… La fatigue, la chaleur ou le courant peuvent mettre en difficulté même
un bon nageur. Il faut adapter sa baignade à sa condition physique du moment. - Éviter de se baigner seul. Prévenir un proche avant de se baigner et privilégier les baignades accompagnées.
- Rentrer dans l’eau progressivement en mouillant sa tête,
sa nuque et son ventre pour éviter les chocs thermiques, particulièrement lorsque la différence de température
entre l’eau et l’air est importante.
Vigilance renforcée pour les personnes âgées ou présentant des facteurs de risque liés à la santé :
- Adapter l’intensité et la distance de nage à vos capacités :
tenir compte de votre état de forme et ne pas surestimer
votre niveau de natation. - Demander conseil à votre médecin ou pharmacien, en particulier
si vous avez une maladie chronique (maladie cardiaque, épilepsie…) ou si vous prenez des médicaments.
Attention aux risques liés à l’alcool !
- La consommation d’alcool altère le jugement et augmente la prise de risque, elle dilate les vaisseaux sanguins ce qui
peut occasionner un risque d’hypothermie, et elle diminue la réactivité des voies respiratoires diminuant ainsi
les chances de survie dans l’eau. - Eviter toute consommation d’alcool avant et pendant une baignade ou activité nautique.
- Privilégier l’eau pour vous hydrater.
- En cas de consommation d’alcool, ne pas piloter d’engins (bateau ou scooter des mers), s’éloigner des rives, berges
ou quais, pour éviter les risques de chutes dans l’eau.
Le soleil apporte lumière et favorise la synthèse de vitamine D, mais une exposition excessive peut entraîner des conséquences graves pour la santé : coups de soleil, déshydratation, vieillissement prématuré de la peau, lésions oculaires et cancers cutanés. L’exposition aux rayonnements ultraviolets (UV) est le principal facteur des cancers de la peau. Plus de 80 % des cancers de la peau sont liés à une exposition excessive au soleil, principalement des expositions régulières et intenses pendant l'enfance.
Des gestes simples permettent de se protéger efficacement :
- Évitez l’exposition au soleil entre 12h et 16h (10h–14h en outre-mer), lorsque les rayons UV sont les plus intenses.
- Portez des vêtements couvrants et légers, un chapeau à larges bords, des lunettes de soleil avec filtre UV.
- Appliquez une crème solaire adaptée à votre type de peau et renouvelez l’application toutes les deux heures ainsi qu’après la baignade ou une forte transpiration.
- Hydratez-vous régulièrement, même sans sensation de soif.
- Recherchez l’ombre autant que possible, notamment pour les enfants.
- Vigilance renforcée pour les enfants
Les enfants sont particulièrement vulnérables aux UV car leur peau est plus fragile. Les jeunes enfants ne doivent jamais être exposés directement au soleil. Même à l’ombre, ils doivent être protégés avec des vêtements, un chapeau et une crème solaire à indice élevé. L’index UV mesure l’intensité du rayonnement du soleil. Sur le site de Météo-France, on peut consulter l’index UV et les conseils de protection associés.
Canicule et fortes chaleurs : un enjeu sanitaire majeur
Les épisodes de canicule et de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquents, plus intenses et plus longs sous l’effet du changement climatique, en témoignent les épisodes caniculaires de mai et juin 2026.
En France, on observe une augmentation régulière des vagues de chaleur susceptibles d’entraîner des conséquences importantes sur la santé de la population. Une vague de chaleur correspond à une période durant laquelle les températures deviennent suffisamment élevées pour représenter un risque sanitaire. Elle peut prendre différentes formes : pic de chaleur de courte durée, épisode persistant, canicule ou canicule extrême. La vigilance météorologique de Météo-France permet d’alerter les pouvoirs publics et les citoyens en fonction de l’intensité de l’épisode.
Des risques pour toute la population
La chaleur peut affecter chacun, même les personnes en bonne santé. Lorsque l’organisme n’arrive plus à maintenir sa température normale, différents troubles peuvent apparaître : déshydratation, fatigue inhabituelle, maux de tête, crampes, malaise, aggravation de maladies chroniques, voire coup de chaleur pouvant engager le pronostic vital.
Certaines populations sont particulièrement vulnérables :
les personnes âgées ;
les nourrissons et jeunes enfants ;
les femmes enceintes ;
les personnes souffrant de maladies chroniques ou en situation de handicap ;
les travailleurs exposés à la chaleur ;
les personnes isolées ou en situation de précarité.
Les fortes chaleurs peuvent également entraîner une hausse des recours aux urgences et une augmentation de la mortalité, notamment lors des épisodes prolongés.
Dès le mois de mai, l’ARS sensibilise tous les établissements sanitaires et médico-sociaux et les professionnels de santé en ville face à ces risques sanitaires. Pendant tout l’été, au plus près des territoires, nos équipes départementales sont engagées dans le suivi de la situation aux côtés des services de chaque Préfecture.
Les bons réflexes à adopter pour se protéger de la chaleur
Pendant les fortes chaleurs. Protégez-vous.
Restez au frais (chez vous ou dans un lieu rafraîchi)
Buvez de l’eau (sans attendre d’avoir soif)
Mouillez-vous le corps
Fermez les volets et fenêtres le jour, aérez la nuit
Privilégiez les activités douces et sans effort
Mangez frais, équilibré et en quantité suffisante
Evitez l’alcool
Prenez des nouvelles de vos proches et des plus fragiles
En cas de malaise, appelez le 15
Consultez les recommandations pour les populations en cas de chaleur
Pour en savoir plus consultez notre page sur les bons réflexes face aux vagues de chaleur
Une mobilisation renforcée des pouvoirs publics
Depuis la canicule de 2003, la France a renforcé son dispositif de prévention et de gestion sanitaire des vagues de chaleur. Celui-ci repose notamment sur :
la vigilance météorologique ;
la surveillance sanitaire assurée par Santé publique France ;
des campagnes nationales de prévention ;
la mobilisation des préfectures, collectivités locales et établissements de santé.
Des dispositifs spécifiques peuvent être activés en cas d’épisode majeur : ouverture de lieux rafraîchis, adaptation des horaires de travail, renforcement de la veille auprès des personnes vulnérables ou diffusion de messages d’alerte à grande échelle et la mise en place d’une plateforme téléphonique d’information « Canicule ». La disposition spécifique ORSEC « gestion sanitaire des vagues de chaleur » organise la mobilisation des acteurs territoriaux ainsi que la mise en œuvre coordonnée de leurs actions afin de prévenir les effets sanitaires des vagues de chaleur.
Un défi durable lié au changement climatique
Les épisodes de de vagues de chaleurs sont de plus en plus fréquents, précoces et intenses.
Les politiques publiques visent désormais non seulement à gérer les crises sanitaires, mais également à adapter durablement les territoires, les bâtiments, les infrastructures et les habitudes de vie aux nouvelles réalités climatiques.
L’été 2025 a été, d’après Météo-France, le 3ème été le plus chaud depuis le début du XXe siècle. Il a été marqué par 4 canicules dont une précoce et durable (19 juin au 6 juillet) et une très intense dans le Sud-Ouest (8 au 19 août). Ces 2 épisodes caniculaires ont tout particulièrement concerné l’Occitanie. Le mois de juin a été particulièrement marqué par la chaleur, avec des températures dépassant de 3,3 °C les normales. Juillet et août ont aussi été plus chauds que d’habitude.
Toutes les régions ont été touchées, mais la moitié sud de la France a connu les écarts les plus importants, notamment l’Occitanie avec jusqu’à +2,1 °C.
Plus de 20 % du territoire a enregistré des températures atteignant ou dépassant 40 °C.
Consultez le bilan régional chaleur et santé en Occitanie - Santé publique France
Pour en savoir plus :
- Ministère de la santé / Vagues de chaleur
- Santé publique France / Fortes chaleurs et canicule
- INRS / Travail par forte chaleur en été - Des ressources pour sensibiliser et agir en prévention
- ARS Occitanie / Conseils santé, messages de prévention et supports de sensibilisation





