Occitanie

Infections sexuellement transmissibles

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Les infections sexuellement transmissibles (IST) peuvent concerner toute personne ayant une vie sexuelle. La plus connue est le VIH, mais il en existe d’autres : hépatite B, chlamydia, syphilis, gonococcie, papillomavirus et dans certains cas hépatite C.
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Les IST sont souvent asymptomatiques : les personnes peuvent être porteuses de l’agent pathogène (bactérie, virus, champignon) sans le savoir. Ces maladies peuvent alors devenir chroniques, conduire à des conséquences graves, et être transmises aux partenaires sexuels des personnes contaminées.

Les infections sexuellement transmissibles (IST) causées par les virus de l’immunodéficience humaine (VIH), des hépatites B (VHB) et C (VHC) et par les bactéries responsables de syphilis, chlamydiose et gonococcies présentent le point commun de toucher un nombre important de personnes non dépistées et donc non traitées.

Les dernières estimations nationales du taux de personnes infectées par le VIH, le VHB et le VHC et ignorant leur statut sont respectivement de 14% (soit environ 24 000 personnes), 82% (111 000) et 19% (26 000), d’après l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’ANSP/Santé publique France.

Compte tenu de la perte de chance individuelle associée à leur diagnostic tardif et du risque de contamination des partenaires sexuels des personnes concernées, la lutte contre l’ « épidémie cachée » des IST, dont celle du VIH, constitue une priorité stratégique de l’ARS Occitanie inscrite dans le Projet Régional de Santé.

VIH

Le virus de l’immunodéficience humaine s’attaque au système immunitaire et facilite la contamination par les autres IST. 25 000 personnes en France ignorent encore qu’elles en sont porteuses. En Occitanie, le nombre de sérologies positives pour 1 000 tests de dépistage effectués est estimé à 1,2 en 2018, contre 1,9 au niveau national. Le dépistage au moins 1 fois dans la vie est recommandé, tous les 3 mois pour les personnes à risque élevé.

Chlamydia

L’infection est causée par la bactérie Chlamydia trachomatis ; la moitié des cas est asymptomatique. Les femmes sont particulièrement concernées car exposées à des évolutions vers des salpingites, la stérilité et les grossesses extra-utérines. Plus fréquente que les autres IST, elle touche dans 40% des cas les jeunes de 15 à 24 ans. C’est pourquoi son dépistage est particulièrement recommandé auprès des jeunes femmes. Le taux de dépistage pour 1 000 habitants en Occitanie est de 42,8 en 2018, supérieur à celui observé en France (38,1).

Hépatite B

60% des cas de contamination par le virus de l’hépatite B (VHB) sont asymptomatiques, pouvant évoluer vers la cirrhose et le cancer du foie. On estime que 135 000 personnes en sont porteuses chroniques en France, dont 110 000 sans le savoir (épidémie cachée), malgré l’existence d’un vaccin efficace. Son dépistage permet donc de proposer cette vaccination aux personnes non contaminées et non protégées. En Occitanie, on compte seulement 36 sérologies positives pour 100 000 tests effectués en 2018, contre 48 au niveau national.

Gonococcie

La bactérie responsable des infections à gonocoque provoque des brûlures et/ou un écoulement jaune par la verge, le vagin ou l'anus. Elle peut entraîner une septicémie (infection grave), faciliter la transmission du VIH et entraîner la stérilité chez les femmes. 88% des personnes identifiées porteuses en Occitanie en 2018 sont des hommes. Leur âge médian est de 23 ans pour les personnes hétérosexuelles et de 32 ans pour les personnes homo-bisexuelles. Ses recommandations de dépistage sont identiques à celles du chlamydia.

Syphilis

IST bactérienne, la syphilis peut, en l’absence de traitement précoce, provoquer de graves complications neurologiques et des atteintes fœtales. Après avoir fortement augmenté entre 2009 et 2015, le nombre de syphilis récentes a tendance à se stabiliser. Les personnes âgées de 20 à 29 ans sont les plus touchées. En Occitanie, le taux de dépistage pour 1000 habitants est bien supérieur chez les femmes (47,1) par rapport aux hommes (28,4) en 2018. Or, 94% des personnes identifiées porteuses en Occitanie en 2018 sont des hommes âgés d’environ 34 ans.

Hépatite C

Le virus de l’hépatite C se transmet par le sang : certaines pratiques sexuelles peuvent donc être source de contamination. Non traitée, l’infection par le virus (VHC) peut rester longtemps asymptomatique et évoluer vers la cirrhose ou le cancer du foie. L’hépatite C bénéficie désormais de traitements efficaces permettant sa guérison : il est donc important que les personnes porteuses aient connaissance de leur infection. Le taux de dépistages positifs est significativement supérieur à la moyenne nationale dans l’Est de la région (71 vs. 50 / 100 000).

En cas de rapport non protégé (génital, anal, oral) avec un partenaire dont on ignore s’il est porteur

En cas de déchirement du préservatif

Si une relation stable se construit avec un-e partenaire et que les deux partenaires ne souhaitent plus utiliser le préservatif

En prévision d’une grossesse, pour éviter une transmission au nouveau-né

• La prise de sang, méthode la plus fiable, qui permet de rechercher anticorps et antigènes dans le sang dès 6 semaines après la contamination potentielle

• Les tests rapides d'orientation diagnostique (TROD) d’une infection par le VIH, l’hépatite C et prochainement l’hépatite B, qui permettent, en 30 à 45 minutes, de rechercher les anticorps 3 mois après la contamination potentielle. Ils sont disponibles gratuitement auprès des associations spécialisées, dans le cadre d’entretiens de prévention ou de santé sexuelle

• Les autotests d’une infection par le VIH, vendus en pharmacie, aux conditions de fonctionnement identiques au TROD VIH et pouvant être délivrés gratuitement par les associations spécialisées

• Le prélèvement de liquide ou de cellules permettant de rechercher le germe contaminant en milieux génital et/ou anal et/ou pharyngé

• Par des symptômes apparents, selon le cas

• Dans tout laboratoire de biologie médicale, sur prescription de votre médecin généraliste, votre gynécologue ou votre sage-femme

• En centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD)

• En associations spécialisées habilitées à pratiquer des TROD