La gale en collectivité : informations et conduites à tenir

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La gale est une maladie de la peau contagieuse mais sans gravité. Ce n’est pas une maladie à déclaration obligatoire. Cependant en cas d'épidémie en collectivité (plus de 2 cas) un signalement à l’ARS peut permettre de bénéficier d'un accompagnement dans la gestion de la maladie notamment en cas de situation complexe ou de récidive.

La gale est une maladie bénigne mais qui doit être traitée. L'ARS accompagne les collectivités dans la gestion de cas groupés de gale.

Si vous êtes un particulier et que vous pensez avoir contracté la gale,  il est important de consulter un médecin, qui pourra confirmer le diagnostic et prescrire le traitement adapté. 

La gale est une dermatose parasitaire, autrement dit, une affection cutanée contagieuse. Le parasite responsable, qui colonise la couche cornée (première couche) de l’épiderme, est le sarcopte scabiei hominis. La femelle creuse des petits tunnels sous la peau, où elle y pond ses œufs, provoquant d’intenses démangeaisons. C’est une maladie exclusivement humaine.

La dermatose de la gale est la conséquence à la fois de l’infestation parasitaire et de la réaction immunitaire contre les sarcoptes et leurs déjections.
Au sol, cet acarien survit dans les squames humaines entre deux et quatre jours (en moyenne 3 jours) si des conditions d’humidité et de chaleur sont présentes. Il disparait s’il est soumis à une température de plus de 60° et à la congélation prolongée.
Les surfaces inertes ne sont pas contaminantes, sauf la literie, les canapés et le linge ainsi que le mobilier constitué de matériaux absorbants en tissu.
On distingue deux formes cliniques :

  • la gale commune : prurit précoce et intense à prédominance nocturne, d’autant plus évocateur d’une gale qu’il est collectif ou familial, associé à des lésions cutanées d’expression clinique variable (le dos et le visage sont épargnés chez l’adulte, pas chez les nourrissons).
  • Gale du nourrisson : Forme particulière, présence de vésiculo-pustules palmaires et plantaires, nodules scabieux péri-axillaires, l’atteinte possible du visage
  • les gales profuses: forte charge parasitaire et fortement contagieuses. Terrain : immunodéprimés ou sujets âgés en collectivité traités par des médicaments immunosuppresseurs locaux ou généraux (corticothérapie typiquement). Contagiosité majeure en raison d’une prolifération parasitaire intense. Prurit, le plus souvent discret, voire absent.
    • Disséminée inflammatoire souvent la conséquence d'un diagnostic tardif, voire de traitements itératifs d'une gale commune avec des corticoïdes locaux. Elle se caractérise par des signes atypiques : éruption rouge vif sans sillon, papuleuse et vésiculeuse, très prurigineuse. L'atteinte du dos est fréquente. Elle est préférentiellement observée chez les personnes âgées, souvent grabataires et vivant en collectivité.
    • hyperkératosique (gale norvégienne érythrodermie généralisée et une hyperkératose) se caractérise par une érythrodermie généralisée et une hyperkératose pouvant s'étendre sur toute la surface corporelle, dont le visage et le cuir chevelu. Cependant, elle peut aussi être localisée. Le prurit peut être discret voire absent. Du fait d'une infestation massive par des milliers de parasites, cette forme est extrêmement contagieuse, notamment en institution où elle peut provoquer de véritables épidémies.

Transmission

  • Interhumaine par contact cutané direct (la plus fréquente, 95% de cas) : contacts étroits (peau contre peau) fréquents ou prolongés (15 à 20 mn pour la gale commune) : famille, voie sexuelle, vie en collectivité (sport, école, crèche, Ehpad…).
  • Transmission indirecte (5%) par contact avec du linge, de la literie ou encore des vêtements contaminés (voire du mobilier absorbant type canapé en tissu ou en cuir).

Incubation

  • Entre 1 à 6 semaines selon l’importance de l’infestation (en moyenne 3 semaines)
  • 1 à 3 jours en cas de ré infestation

Symptômes

  • Prurit à recrudescence nocturne quasi constant avec des lésions non spécifiques de type lésions eczématiformes, de grattage avec parfois impétigo (surinfection)
  • Plus rarement, sillons scabieux, vésicules perlées, nodules scabieux

Les lésions sont principalement situées au niveau des espaces interdigitaux, des faces antérieures des poignets et des avant-bras, des plis des coudes, des creux axillaires, ceinture, des fesses, des organes génitaux masculins et des aréoles mammaires.

Diagnostic

  1. Dans les formes communes, le diagnostic est principalement clinique :
  • notion de contage et de cas dans l’entourage ;
  • prurit à recrudescence nocturne ;
  • localisations caractéristiques des lésions cutanées (lésions vésiculeuses, voire sillons).
  1. Hors contexte épidémique, une dermoscopie est réalisée et permet de visualiser le sarcopte (examen chez le dermatologue).
  2. Le prélèvement par grattage cutané d'une lésion au vaccinostyle, de préférence à l'extrémité papuleuse d'un sillon scabieux non excorié, permet de mettre en évidence au microscope à faible grossissement des sarcoptes, leurs oeufs et/ou leurs excréments. Au moins 3 prélèvements par patient doivent être réalisés avant de rendre un résultat parasitologique négatif.

Pour les professionnels et établissements en région d’Occitanie uniquement
Tél. 0 800 301 301 
Fax : 05 34 30 25 86
ars-oc-alerte@ars.sante.fr

Rappel : il n'y a pas de guérison spontanée de la gale. Il convient d'administrer un traitement aux sujets atteints et aux sujets contacts, sur prescription médicale.

/ ! \ Le traitement des sujets atteints et des sujets contacts doit être réalisé en même temps afin d’éviter les ré infestations. Le traitement de l’environnement et du linge doit être réalisé 10 à 12h après.

Il existe deux types de traitements (général et  local).

  • Un traitement par voie générale : Stromectol (Ivermectine®) en une prise unique à J0, une deuxième prise peut être nécessaire à J8 suivant l’évolution (entre J7 et J14).
  • Le traitement local qui consiste en soit une pulvérisation d'un produit sur l'ensemble du corps ; soit un badigeonnage de l'ensemble du corps à l'aide d'un pinceau plat (sauf le visage), traitement à appliquer à J0 et à J8

Mesures d'hygiène générale en cas d'épidémie

  • Limiter les sorties, les déplacements, les rassemblements de personnes,
  • Limiter les contacts physiques à risque (activités sportives, ludiques, avec contact, ateliers collectifs). La gale est aussi une infection sexuellement transmissible (IST)
  • Eviter les échanges de vêtement, bonnet, écharpe, doudou, lieu et matériel de couchage, table à langer... 

Règles d’hygiène des personnes

  • Lavage simple des mains régulier AU SAVON , le frottement éliminant les acariens de façon mécanique (la solution hydro alcoolique n’est pas efficace contre la gale). Les ongles doivent rester courts pour éviter le portage du sarcopte,
  • Ne pas marcher pieds nus afin de limiter la dissémination,
  • Protection avec des gants à usage unique et une sur blouse avant manipulation du linge.

Hygiène des tissus

  • Traitement du linge et de la literie en contact avec le corps 3 jours avant en cas de gale commune : lavage à la machine à 60°C. Pour les tissus fragiles (doudous, peluches, linges ne pouvant être lavés) vaporisation d’un acaricide (disponible en pharmacie) et isolation dans un sac fermé pendant au moins 3h. Dans le cas d’une gale profuse, traitement du linge utilisé depuis 8 jours ;
  • Si linge et effets personnels trop fragiles pour un lavage à 60°C, en l’absence d’un produit acaricide à pulvériser, les maintenir en isolement dans un sac hermétiquement fermé 3 jours dans le cas d’une gale commune et 8 jours dans le cas d’une gale profuse, puis laver à température indiquée.
  • Recueil du linge dans un sac plastique hermétiquement fermé pour le transport dans la famille.
  • Proposer aux parents de placer les doudous au congélateur familial en sac plastique pendant trois heures (éviterait le portage à domicile du sarcopte).
  • Vaporisation d’un spray acaricide sur literie (à laisser agir 3 heures)

Hygiène des locaux

  • Protection avant désinfection de l’environnement avec gants jetables, sur-blouse et masque de protection (si utilisation d’un produit acaricide)
  • Mesure de nettoyage classique et quotidien des locaux (sols, sanitaires).
  • Désinfection de tout l’environnement ‘en tissu’ fréquenté par les personnes concernées, par pulvérisation d’un acaride, si nombre important de cas (> 4) ou si cas de gale profuse, avec port de masque de protection de type A2P3. Pulvérisation d’un spray acaricide dans une pièce aérée (fenêtre ouverte). Les pièces ne pourront pas être occupées pendant 3 heures et la literie (et tapis) ne pas être utilisée pendant 12 heures.

Précautions d’emploi : les produits acaricides ne doivent pas être manipulés par un sujet asthmatique ou en sa présence

Mesures d’éloignement et de fermeture des locaux

En raison d’un traitement par un acaricide dans un contexte complexe, une fermeture de l’établissement (d’une durée de 1 jour) peut être envisagée (notamment s’il y a des personnes asthmatiques dans le groupe) OU utiliser autres méthodes de désinfection. Le traitement peut également être programmée juste avant le week-end afin de ne pas fermer la structure. La décision revient intégralement à la direction de la structure et au comité de pilotage de la gestion de l’épidémie de gale.

Si contamination d’une personne : éviction de 3 jours à partir du traitement

Communication

En fonction de la situation :

  • Signalement au service de médecine préventive et/ou médecin du travail en cas d’atteinte d’un agent
  • Information auprès des familles et du personnel
  • Information auprès de l'Éducation nationale, du conseil départemental, de l'accueil collectif des mineurs (ACM) et de l'établissement d'accueil des jeunes enfants (crèches), et le cas échéant auprès de la Direction de région académique à la jeunesse, à l'engagement et au sport (DRAJES)
  • Si présence d’au moins 2 cas de gale, information auprès médecin traitant pour traitement simultané des cas contact.

Pour en savoir plus consulter le Guide HCSP Survenue d’un ou plusieurs cas de gale. Conduite à tenir 

La gale étant une maladie à fort potentiel épidémique il est recommandé d’utiliser la fiche de surveillance des infections dans les collectivités de personnes âgées (disponible en cas de GEA ou d’IRA)  pour recenser le premier cas et repérer les cas groupés qui révèleront une épidémie.

Règles d’hygiène des personnes

  • Pratiquer systématiquement un geste d’hygiène des mains par lavage simple AU SAVON , complété par une friction à la solution hydro-alcoolique (avant et après le contact avec le résident, après maniement du linge du résident, au retrait des gants et de la surblouse et à la sortie de la chambre).
  • Lors de tout contact avec le résident ou avec son environnement :
  • Porter des gants à usage unique
  • Porter une surblouse à manches longues

Hygiène des tissus

Respecter le protocole « linge contaminé » en vigueur

  • Lavage du linge, effets personnels, tissus contaminés…  à 60°C.
  • Sur le linge, les effets personnels, les tissus… trop fragiles pour un lavage à 60°C, les enfermer hermétiquement dans un sac plastique en les laissant en contact pendant 3h avec un produit acaricide en spray, puis laver à température indiquée.
  • En absence de spray acaricide, les maintenir en isolement dans un sac hermétiquement fermé, 3 jours en cas de gale commune, 8 jours en cas de gale profuse.
  • Le linge repris par la famille est mis immédiatement dans un sac plastique pour éviter toute manipulation, avant un traitement en machine à 60°C.
  • La literie : après traitement du patient, changer drap, taie d'oreiller, couverture et housse de matelas. Il est possible de pulvériser un produit acaricide sur le matelas, en cas de déchirure de la housse.
  • Les déchets :  éliminés selon le protocole « Précautions complémentaires de type Contact » en vigueur dans la structure, le temps de « l’isolement ».

Hygiène des locaux et de l'environnement

1- Le traitement de la gale doit concerner simultanément le résident et son entourage proche, ainsi que les locaux fréquentés par le cas, ses lieux de vie et environnement.

2- Dans tous les cas, le linge, la literie, les canapés, les fauteuils et le mobilier doivent être désinfectés dans les 10 à 12h suivant le traitement des sujets (atteints et contacts).

  • Réaliser le bio nettoyage au moins 1 fois par jour avec un détergent désinfectant.
  • Les chiffonnettes et bandeaux suivent la filière du linge selon la procédure de l’établissement.
  • Sur les surfaces en tissu (ex : fauteuil), réaliser une pulvérisation avec un produit acaricide, en se protégeant (masque et lunettes de protection). Eviter le contact cutané pendant 12 heures et l'occupation de la pièce pendant 3 heures.

3- Vaisselle et objets personnels (stylos, bibelots, livres, téléphone, etc...) : pas de traitement particulier.

Mesures d’isolement, d’éloignement et de fermeture des locaux

  • Chambre seule, limiter au maximum les sorties (si indispensable, faire une fiche de liaison avec des informations précises sur les précautions à respecter).
  • Mettre une signalétique sur la porte de la chambre du résident le temps des précautions complémentaires.
  • La durée de « l’isolement » est une prescription médicale ; en général 48 heures après la dernière prise du traitement curatif. L’isolement est plus long pour les gales profuses/hyperkeratoisques 

Communication

  • Information auprès du résident, du personnel et des familles, particulièrement : limiter les visites, réaliser un lavage des mains à l'entrée et à la sortie de la chambre, éviter tout contact direct avec le résident, ne pas s'asseoir sur le lit, ni déposer des vêtements personnels dans l’environnement. Port d'une surblouse en cas de contact rapproché.
  • Information auprès de l'ARS en cas de cas groupés
  • Signalement au service de médecine de prévention ou au médecin du travail
  • Signalement à l’équipe opérationnelle d’hygiène ou/et équipe mobile d’hygiène  ou/et Cpias
  • Importance de la formation et de la sensibilisation du personnel

 Outils

Les personnels des établissements de soins et des établissements et services médico-sociaux peuvent solliciter une reconnaissance en maladie professionnelle au titre du tableau de maladie professionnelle n°76 du régime général de la sécurité sociale. Pour plus d’information sur la procédure à suivre et le formulaire à remplir : Déclaration de maladie professionnelle ou demande de reconnaissance de maladie professionnelle (Formulaire 16130*01) | Service Public

Pour faciliter la communication :

Des documents pour personnes ayant des difficultés de lecture ou de compréhension du français sont disponibles sur le site de Santé BD. Ces documents sur la gale et son traitement sont personnalisables en fonction de la situation (homme, femme, fille ou garçon).