Les résultats du contrôle sanitaire

Article
Analyse eau

L’ARS Occitanie met à disposition les données publiques du contrôle sanitaire sous la forme de bilans régionaux.

Où trouver l’information ?

Les données sur la qualité de l’eau du robinet sont publiques.

Elles sont disponibles sous différentes formes :

  1. Les résultats de la dernière analyse du contrôle sanitaire pour chaque commune sont disponibles en mairie, auprès du fournisseur d’eau ou sur www.eaupotable.sante.gouv.fr 
  2. Les bilans nationaux, régionaux et départementaux sur la qualité de l’eau du robinet : [Carte interactive bilans qualité]
  3. La note de synthèse annuelle sur la qualité de l’eau par réseau de distribution :

Chaque année l’ARS élabore pour chaque réseau de distribution une note de synthèse sur la qualité de l’eau. Ce document est transmis au service public de distribution (à votre distributeur d’eau) qui le joint à la facture d’eau. Cette note de synthèse est aussi accessible à partir de cette

carte interactive

Comment trouver les données de votre commune sur la carte ?

1/ Zoomez sur votre commune avec l'outil LOCALISER ou manuellement en utilisant les outils MAIN pour vous déplacer avec la souris et l'outil ZOOM pour zoomer

2/ Sélectionnez l'outil INFORMATION

3/ Cliquez sur votre commune

4/ Cliquez sur le lien hypertexte qui s'affiche ; la fiche infofacture au format PDF s'ouvre alors dans un nouvel onglet.

Une note de synthèse annuelle sur la qualité de l’eau est produite par l’ARS et adressée chaque année à l’ensemble des abonnés par les responsables de la distribution de l’eau. Ce document est joint à la facture d’eau, et est également disponible sur le site de l’Agence régionale.
Un bilan est également régulièrement publié pour présenter la qualité de l’eau dans la région et ses départements.

Une eau du robinet le plus souvent de bonne qualité en 2020

Les résultats des analyses réalisées dans le cadre du contrôle sanitaire mis en œuvre par l’ARS permettent de dresser chaque année un panorama de la qualité de l’eau potable dans la région.

Ces résultats témoignent le plus souvent de la bonne qualité de l’eau du robinet et des progrès accomplis. Des améliorations doivent cependant encore intervenir pour assurer en tous lieux une eau de très bonne qualité au robinet de tous les consommateurs, en particulier au niveau des petits réseaux de distribution pour lesquels la situation est moins favorable.

Des efforts doivent également être faits, notamment dans les zones où prédomine l’agriculture intensive, afin de réduire l’impact des intrants chimiques pouvant sous certaines conditions être retrouvés dans l’eau destinée à la consommation humaine.

Paramètres bactériologiques

Qualité bactériologique en % de population alimentée des eaux distribuées en Occitanie - Bilan 2020

En Occitanie,

98 % de la population est alimentée par une eau de bonne qualité bactériologique. La conquête des derniers réseaux connaissant des difficultés doit se poursuivre, notamment pour les 0.08% de la population connaissant des interdictions de consommation pour cause de mauvaise qualité bactériologique.

Les actions menées pour réduire les pollutions microbiologiques

De nombreux travaux sont mis en oeuvre, avec le soutien des Agences de l’Eau, pour améliorer la qualité microbiologique de l’eau distribuée.

L’étude sur l’identification des unités de distribution à fiabiliser (UDAF) mené par l’Agence de l’eau Adour Garonne en collaboration avec les Agences régionales de santé, permet notamment de définir les actions à mener et d’estimer les investissements à réaliser. Les informations détaillées par département sont disponible sur le site internet de l’agence.

Par ailleurs, des journées de sensibilisation à la qualité de l’eau ont été organisées par l’ARS Occitanie à l’attention des élus et des employés municipaux des petites collectivités, ainsi que des journées de sensibilisation aux « bonnes pratiques pour une eau de qualité » intégrant les enjeux de protection de la ressource en partenariat avec l’Agence de l’Eau Adour Garonne, l’Office International de l’Eau et le CNFPT.

Zoom sur « L’étude UDAF (unités de distribution à fiabiliser) Agence de l’eau Adour Garonne –ARS. »

Une étude visant à une sécurisation pérenne de l'alimentation en eau potable et permettre de programmer et de prioriser l’accompagnement technique et financier des collectivités concernées.

L’Agence de L’Eau Adour Garonne a réalisé en collaboration avec les ARS Occitanie et Nouvelle Aquitaine une étude sur l’identification des unités de distribution à fiabiliser (UDAF) sur le bassin Adour-Garonne.

Cette étude s’inscrit dans la continuité des 5 études de même nature réalisées depuis 1999.

L’objectif de ces études est de permettre d‘identifier les principales problématiques liées à la qualité de l’eau par réseau afin de pouvoir prioriser en les accompagnant les améliorations nécessaires sur l’eau distribuée au robinet de l’usager et au niveau des ressources utilisées.

Les données utilisées sont issues des analyses du contrôle sanitaire réalisé par les ARS entre 2015 et 2018, données examinées et consolidées notamment à partir d’échanges avec les experts locaux de l’Agence de l’Eau et de l’ARS, et quelques fois des représentants des conseils départementaux, des DDT ou structures compétentes, et en intégrant les données plus récentes.

En résumé, cette nouvelle étude montre :

  • Le classement des unités de distribution à fiabiliser (UDAF) 2021 concerne 53 % des réseaux de distribution du bassin, ce qui représente 33 % de la population du bassin. Les petits réseaux de distribution, de moins de 500 habitants, représentent près de 80 % de la totalité des UDAF.
  • Une évolution positive est constatée par rapport à l’étude 2014 pour le paramètre relatif à la bactériologie, mais 35 % des réseaux de distribution du bassin (6 % de la population) restent à fiabiliser pour ce paramètre. Il s’agit à plus de 90 % de petits réseaux de distribution alimentant moins de 500 habitants et à plus de 50 % les très petits réseaux de distribution de moins de 50 habitants.
  • 11 % de la population du bassin est alimentée par des unités de distribution à fiabiliser en raison de la présence de métabolites de pesticides dans les eaux distribuées à des taux supérieurs aux limites de qualité. Près de 80 % de ces réseaux sont contaminées par le métabolite ESA métolachlore et/ou, dans une moindre mesure, sa molécule-mère. La problématique de la contamination des eaux par les « pesticides » concerne toutes les classes de taille des UDI du bassin.
  • 20 % des réseaux de distribution du bassin (3 % de la population) nécessitent une amélioration de la gestion du service, déterminante pour assurer l’efficacité des actions curatives envisagées et sécuriser la qualité sanitaire de l’eau distribuée. L’organisation des acteurs à la bonne échelle, permettant la mutualisation des moyens (techniques, financiers) et des compétences, reste l’un des points fondamentaux pour permettre aux petites communes de fiabiliser de façon pérenne et structurelle leurs systèmes d’alimentation en eau potable.
  • Les actions à mettre en œuvre sur les UDAF, qui ont pour objectif la sécurisation de la qualité de l’eau distribuée, concernent majoritairement le traitement de l’eau, mais également des actions préventives relatives à la gestion du service et à la protection de la ressource. Le coût global estimé des actions à mettre en œuvre représente 391 millions d’euros dont plus de 230 millions d’euros pour la région Occitanie. La nécessaire récupération des coûts relatifs à ces actions sera possible grâce au bon niveau du prix de l’eau fixé par les collectivités.

Lien sur le site de l’Agence de l’Eau Adour Garonne : Eau potable bassin Adour-Garonne - unités de distribution à fiabiliser

Nitrates

Teneur maximale en nitrates en % de population alimentée des eaux distribution publique en Occitanie _ Bilan 2020

 

En Occitanie,

98 % de la population est alimentée de bonne qualité avec une teneur toujours inférieure à 40 mg/L. Seules quelques réseaux situés en zone d’agriculture intensive (Aude, Gers, Tarn et Garonne) ne délivrent pas en permanence une eau conforme à la réglementation.

Les actions menées pour réduire les pollutions liées aux nitrates

Afin de limiter la contamination des eaux par les nitrates, des programmes d’actions régionaux (PAR) successifs, en lien avec tous les acteurs de l’Etat (DRAAF, DREAL, Agences de l’eau…), ont été mis en place. Ces programmes d’actions sont d’application obligatoire sur les zones vulnérables aux pollutions par les nitrates d’origine agricole. Le programme d’actions actuellement en vigueur comprend 8 mesures très pratiques :

  1. périodes minimales d’interdiction d’épandage des fertilisants,
  2. capacités minimales de stockage des effluents d’élevage,
  3. limitation de l’épandage des fertilisants azotés, équilibre par parcelle,
  4. plans prévisionnels de fumure et cahier d’enregistrement des pratiques,
  5. limitation de la quantité maximale d’azote issu des effluents d’élevage épandu annuellement sur chaque exploitation (170 kg/ha),
  6. conditions d’épandage par rapport aux cours d’eau, sur les sols en forte pente, détrempés, inondés, gelés ou enneigés,
  7. couverture végétale pour limiter les fuites d’azote au cours des périodes pluvieuses, couverture végétale le long des cours d’eau.

Plus largement, des démarches de réduction des intrants et d’accompagnement des filières à bas niveau d’impact sont déployées dans les plans d’actions territoriaux (PAT) sur les captages.

Au-delà des PAR liés à la directive Nitrates, il s’agit d’accompagner les agriculteurs pour diminuer les intrants azotés dans des modèles de transition pérennes et priorisés sur la zone la plus active pour l’alimentation du captage :

  • Conseil collectif auprès des agriculteurs et des conseillers techniques sur les pratiques agro écologiques et réseaux d’échanges de bonnes pratiques entre agriculteurs,
  •  Accompagnement individuel des agriculteurs pour la mise en œuvre de leur projet d’exploitation vers la transition agro écologique :
    • Conseil individuel
    • Matériel spécifique au développement de pratiques agro écologiques
    • MAE : mesures agroenvironnementales surfaciques telles que les conversions à l’AB (CAB) et les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) favorisant l’allongement des rotations, la couverture des sols, la diminution d’utilisation des intrants…

Pesticides

Teneur en pesticides des eaux distribuées en Occitanie en % de population alimentée - Bilan 2020

En Occitanie,

86.5% de la population a été alimentée par une eau de bonne qualité et conforme à la réglementation pour les pesticides toute l’année.

6.2% de la population a connu au moins un épisode de dépassement de la valeur « limite de qualité » sur une molécule liée aux pesticides. Cette valeur limite de qualité, de 0.1 microgramme par litre, est imposée par la règlementation de 1998 mais est complétée de valeurs plus précises lorsque la recherche détermine à partie de quelle concentration une molécule peut avoir des conséquences sur la santé.

7.3% a connu un dépassement de cette valeur supérieur à 30 jours.

0% a connu un dépassement d’une concentration présentant un risque reconnu pour la santé.

Les principales molécules retrouvées dans l’eau potable en Occitanie :

  • Le S-métolachlore et ses produits de dégradation (métabolites) dont notamment l’ESA-métolachlore : le S-métolachlore est un herbicide racinaire autorisé, utilisé notamment sur les cultures de printemps : maïs, tournesol, sorgho, soja…. Il est utilisé en remplacement du métolachlore et de l’atrazine, interdits à l’utilisation en France en 2003.

La présence de S-métolachlore et de ses métabolites est la cause principale des non-conformités observées sur les eaux distribuées et les eaux brutes pour les départements de l’ouest de la région.

  • Trois métabolites du S métolachlore sont susceptibles de se retrouver dans les eaux : l’ESA métolachlore, l’OXA métolachlore et le NOA métolachlore.
  • Un avis de février 2021 de l’ANSES classe l’un d’entre eux (l’OXA métolachlore) comme métabolite non pertinent, mais, faute d’éléments suffisants, considère que les deux autres doivent être considérés à ce stade comme métabolites pertinents. On notera que l’entreprise qui produit le S-métolachlore a déposé un dossier auprès de l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) pour faire modifier en non pertinent les deux autres métabolites. Ce dossier doit contenir les éléments jugés manquants par l’ANSES, mais n’a pas encore été examiné par l’EFSSA. A ce stade, sur la base de l’avis de l’ANSES, la détection de l’un ou l’autre des deux métabolites au-dessus de la concentration de 0,1 microgramme par litre conduit au déclassement de la masse d’eau et à la non-conformité de l’eau distribuée.
  • On notera que le déclassement est une notion qualitative et non toxicologique. Pour l’ESA-métolachlore, la valeur sanitaire maximale (Vmax) en dessous de laquelle il n’y a pas d’effet redouté pour la santé est d’environ 510 microgrammes par litres, alors que la norme est de 0,1 microgramme par litre.
  • Pour le NOA-métolachlore la valeur Vmax est en cours de calcul, on sait en revanche que sa valeur PNEC (qui mesure la toxicité pour l’environnement) est de 1000 microgramme par litre contre un peu plus de 400 microgramme par litre pour le métabolite ESA-métolachlore. Le NOA-métolachlore n’est pas analysé à ce jour en Occitanie dans le cadre du contrôle sanitaire, il sera ajouté à la liste des pesticides analysés en 2022.
  • L’atrazine et ses métabolites : l’atrazine est un herbicide non sélectif qui était utilisé notamment en culture de maïs mais aussi en viticulture. Cette molécule est interdite en France et en Europe depuis 2001. Malgré son interdiction en 2003, l’atrazine et ses métabolites persistent dans les milieux naturels et se retrouvent dans les eaux. Les départements de l’est de la région sont ponctuellement concernés par le dépassement des normes pour des métabolites de ces triazines. Ces situations sont souvent connues, et les mesures préventives

Les actions menées pour réduire les pollutions liées aux pesticides

L’ARS Occitanie, en lien avec les acteurs de la région Occitanie (Préfecture de région, DREAL, DRAAF, et Agence de l’Eau Adour Garonne et Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse) a mis en place une stratégie régionale pour améliorer la qualité de l’eau distribuée vis-à-vis des pesticides et des métabolites de pesticides. Ainsi, 72 situations de dépassement des normes pour les pesticides et/ou leurs métabolites préoccupantes ont été recensées dans la région. Ces situations correspondent à environ 310000 personnes qui ont été concernés par un dépassement de la limite de qualité, sans dépassement des valeurs sanitaires maximales.

Ces situations correspondent en majorité en la présence de métabolites de pesticides.

Les stations de traitements des eaux ne sont pas nécessairement équipées de traitement contre les pesticides et lorsqu’elles le sont, l’équipement n’est pas adapté pour les métabolites de pesticides qui nécessitent des investissements et des travaux spécifiques, notamment les métabolites de certains herbicides.

Face à ce constat, la stratégie régionale de l’Etat a défini 2 types d’actions complémentaires :

  • La mise en place de solutions curatives, comme l’installation ou l’amélioration d’une filière de traitement, la dilution avec une ressource non contaminée ou l’utilisation d’une nouvelle ressource. Ce type de mesure permettra de mettre fin à la non-conformité de l’eau distribuée et à limiter les expositions des populations dans un délai relativement court.
  • La mise en place d’actions de prévention pour réduire à la source des pollutions. Cela passe par une réduction des usages de pesticides ou amélioration de la protection des captages contre les pollutions diffuses. Ces mesures permettront d’assurer une qualité d’eau de la ressource satisfaisante pour la population et de se prémunir de pollutions futures par de nouvelles molécules. Cependant les effets bénéfiques des telles mesures ne se mesureront qu’à moyen ou à long terme.

Si la stratégie de gestion des gestions des non-conformités s’élabore au niveau régional, sa mise en œuvre effective se déroule sur le plan départemental, elle se situe à la main des personnes responsables de la production et distribution de l’eau, avec l’encadrement des Préfets de département, appuyés par les services de l’Etat en département.

Présentation départementale de la qualité de l’eau en Ariège

En Ariège, 85% de la population est alimentée par un captage d’eau potable autorisé et protégé. Cependant, de nombreux petits captages de montagne sont encore à protéger.
Une particularité de l’Ariège est le grand nombre d’ouvrages de captage (700) mobilisés pour la production d’eau destinée à la consommation humaine.
L’eau captée est ensuite acheminée vers 414 stations de traitement pour être délivrée au robinet de chaque abonné par 462 réseaux de distribution.
En Ariège, 60% des réseaux de distribution alimentent moins de 50 habitants.

L’eau utilisée pour produire de l’eau potable provient pour 62% de captages d’eau souterraine (aquifères semi-superficiels ou profonds) et pour 38% d’eau superficielle (essentiellement l’Ariège et l’Arize).
La zone de montagne et de piémont est en majorité approvisionnée par de l’eau d’origine souterraine distribuée par de petits réseaux de distribution. A l’inverse pour la plaine de la basse-Ariège et les coteaux, ce sont quelques usines de production d’eau potable qui approvisionnent, à partir d’eau superficielle, de grandes unités de distribution structurantes.

Depuis 15 ans, la création et la consolidation des structures syndicales a conduit à un renforcement des compétences techniques des services d’eau potable aujourd’hui nécessaire pour assurer la gestion de l’eau potable et le déploiement des plans de gestion de sécurité sanitaire des eaux (PGSSE).
Ces dernières années, ces structures syndicales ont permis d’améliorer la qualité bactériologique de l’eau à travers des opérations inscrites dans une stratégie partagée entre Mme la préfète, l’ARS, l’Agence de l’Eau Adour Garonne et le Conseil Départemental.

Bilan et carte bactériologique

Bactériologie Ariège (Bilan eau 2020)

La qualité bactériologique de l’eau s’est nettement améliorée, de façon régulière, depuis le milieu des années 2000 : en effet le pourcentage de la population alimentée par une eau de bonne qualité bactériologique est passé 70,5% en 2006 à 97% aujourd’hui.

Cependant, ces résultats restent encore fragiles surtout dans la zone de montagne et de piémont où la qualité bactériologique de l’eau reste à améliorer. Sur ce secteur, les installations de production et de distribution d’eau sont de petites tailles, difficiles d’accès, trop souvent vétustes, non protégées, et bénéficiant rarement d’un traitement de désinfection adapté.

Les captages de montagne sont généralement issus d’aquifères peu profonds et de faibles capacités. A cela s’ajoute la vulnérabilité des captages aux aléas climatiques : fortes pluies, orages et sécheresses influencent périodiquement la qualité de l'eau distribuée et les volumes d’eau mobilisables.

Une centaine de petits réseaux distribuent régulièrement une eau pouvant dépasser les limites de qualité bactériologique. Lorsque l’eau n’est plus potable, des mesures d’interdiction de consommer l’eau du robinet sont prononcées pour protéger la santé des consommateurs.

La reconquête de la qualité bactériologique de l’eau distribuée implique de pouvoir poursuivre l’immense chantier de rénovation, de rationalisation et de fiabilisation des infrastructures d’eau potable de la zone de montagne. Cela nécessite souvent des investissements remarquables au regard du nombre d’abonnés desservis. Ils sont cependant indispensables pour réduire les inégalités territoriales de santé.

Bilan et carte nitrates

Nitrates Ariège (Bilan eau 2020)

 

L’eau distribuée est conforme pour le paramètre nitrate sur l’ensemble du département : le département de l’Ariège est aujourd’hui peu exposé aux problématiques des nitrates.

Cependant, avant les années 90, les puits communaux situés en zone de cultures intensives de la basse-Ariège présentaient de fortes concentrations en nitrates. Ces puits ont été abandonnés et la nappe de l’Ariège délaissée au profit de prises d’eau dans la rivière Ariège et de la construction d’usines de production d’eau potables performantes (Pamiers, La Tour du Crieu).

Bilan et carte pesticides

Pesticides Ariège (Bialn eau 2020)

 

95% de la population est alimentée par une eau conforme aux limites de qualité pesticides.

Ces dernières années, les dépassements de limite de qualité ont impliqué la présence de métabolites de pesticides pertinents. Aussi, l’application récente de la limite de qualité « pesticides » aux métabolites de pesticides pertinents à une forte incidence sur la conformité des eaux distribuées. Quatre captages qui approvisionnent en eau potable une population d’environ 7500 personnes sont ainsi concernés.

Les molécules à l’origine des non-conformités sont les métabolites du S-métolachlore et de l’atrazine :

  • Le S-métolachlore est un herbicide non sélectif utilisé notamment sur les cultures de maïs. Parmi ses métabolites, l’ESA métolachlore a été classé comme pertinent en janvier 2021 Cette molécule très mobile dans les sols est à l’origine de dépassements de la limite de qualité dans les eaux des captages suivants :
    • Le puits de Lagréou-Campestre (Commune de Varilhes)
    • Le puits de Bénagues-Charly (SIVOM du Terrefort),
    • Le captage de Ségalas (SMDEA-communes de Durban et Montseron).
  • L’atrazine est un herbicide utilisé sur les cultures du maïs mais également en viticulture. L’utilisation de l’atrazine est interdite en France depuis 2003. Ses métabolites sont persistants dans le milieu naturel.

Le captage SMDEA de La Tour de Loly qui alimente une partie de la commune de La Bastide de Sérou présente des dépassements de limite de qualité sur deux métabolites de l’atrazine : l’atrazine déséthyl et l’atrazine déséthyl déisopropryl.

Pour ces captages, aucun dépassement de limite de qualité n’a atteint la valeur sanitaire (Vmax). La distribution de l’eau peut donc être poursuivie sans restriction de consommation dans le cadre d’arrêté préfectoral de dérogation ou de mise en demeure et d’un plan d’action visant à rétablir rapidement et durablement la qualité de l’eau brute et distribuée.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

Depuis 2015, la signature d’un contrat de partenariat entre Mme la préfète de l’Ariège, le département (CD09), l’agence de l’eau Adour Garonne (AEAG), l’ARS, le SMDEA et le service des eaux du Couserans a permis, pour un montant de 11 M€, de mener à bien des opérations d’amélioration de la qualité bactériologique de l’eau. En 2016, ce dispositif a été complété par un appel à projet lancé par l’AEAG : 5 M € d’aides ont été mobilisées pour des opérations de rationalisation et la protection de plus de 70 captages identifiés par l’ARS.

De plus, une stratégie pour améliorer la qualité de l’eau distribuée vis-à-vis des pesticides et des métabolites de pesticides a été arrêté au niveau régional. Cette stratégie est déclinée au niveau départemental sous l’égide de Mme la préfète. Ainsi, le 20 octobre dernier, Mme la préfète a réuni les services de l’Etat, l’Agence de l’eau Adour Garonne, l’ARS et les PRPDE concernées. A partir d’un état des lieux partagé, Mme la préfète a rappelé à chaque collectivité les procédures juridiques et les principes d’actions préventifs et curatives à mettre en œuvre pour reconquérir la qualité de l’eau. Les PRPDE doivent désormais élaborer un plan précisant les actions, les moyens et le calendrier à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Les différents plans d’actions devront être validés dès janvier prochain. Leur mise en œuvre sera encadrée par un arrêté préfectoral qui prendra la forme d’un soit de mise en demeure, soit de demande de dérogation.

Enfin, ces dernières années, l’ARS et l’Agence de l’eau Adour-Garonne ont organisé localement des journées de formation sur les bonnes pratiques « eau potable ». Depuis 2019, à travers des actions de sensibilisation et des journées techniques, l’ARS accompagne aussi les PRPDE dans la mise en œuvre de plans de gestion de sécurité sanitaire des eaux (PGSSE).

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans l’Aude

Le département de l’AUDE dispose de 444 captages servant à l’alimentation en eau des populations : seuls 12 d’entre eux sont des prises d’eau de surface mais elles alimentent la moitié de la population (Carcassonne, nord du département, littoral).

Un contrôle sanitaire régulier est mis en place sur l’ensemble des installations (captages, usines de traitement et distribution) ce qui permet de connaître avec précision la qualité des eaux distribuées.

Bilan et carte bactériologique

La qualité microbiologique de l’eau distribuée dans le département de l’Aude est globalement excellente puisque 97% de la population consomme régulièrement une eau de bonne qualité bactériologique.

Cependant, cinq petits réseaux (Corbières, Pays de Sault) restent concernés à ce jour par des problèmes ponctuels ou récurrents de contamination bactériologique des eaux délivrées, dus principalement à des défauts d’entretien des captages et des installations de traitement; à noter qu’il s’agit de petites collectivités, représentant au total 146 habitants.

Lorsqu’une non-conformité est détectée, le maire de la commune concernée est mis en demeure d’améliorer rapidement la situation (mise en place des périmètres de protection des captages et installations de traitements adaptées) ; lorsque l’eau présente, de par sa mauvaise qualité bactériologique, un risque pour la santé des consommateurs, elle est déclarée non potable et une interdiction de la consommer est appliquée.

Bactériologie Aude (Bilan eau 2020)

Bilan et carte nitrates

L’eau distribuée est conforme pour le paramètre nitrate sur l’ensemble du département : le département de l’Aude est aujourd’hui peu exposé aux problématiques des nitrates dans les eaux de consommation humaine.

En effet, les collectivités ont soit abandonné les captages les plus touchés (notamment dans l’ouest du département), soit mis en œuvre des mesures adaptées pour les captages les plus sensibles aux pollutions diffuses (plans d’action ciblés).

Les quelques problèmes restants relèvent de problématiques locales, associant des captages vulnérables et des sources de pollutions agricoles localisées à proximité.

Nitrates Aude (Bilan eau 2020)

 Bilan et carte pesticides

La très grande majorité des communes de l’AUDE délivre une eau exempte de pesticides ou dont les pesticides sont inférieurs à la norme réglementaire (0,1 µg/l).

La fréquence d’analyses des pesticides dans l’eau, dépend de l’importance du débit utilisé pour les eaux destinées à la consommation humaine : ainsi, ces paramètres ne sont pas recherchés tous les ans (mais plutôt tous les 2 ans, voir tous les 5 ou 10 ans pour les plus petits captages). Cela explique que la carte présentée pour le bilan 2020 ne comporte pas de résultats pour l’ensemble des communes, notamment celles des Corbières, du Plateau de Sault et de la Montagne Noire, les débits de leurs ressources, utilisées pour l’AEP, étant souvent très faibles.

Si par le passé, certaines ressources situées dans la partie viticole du département (Sigean, forage des Mailloles et de Montredon) ont connu des dépassements récurrents en métabolites de l’atrazine, la mise en place de dilution avec d’autres ressources et de traitements adaptés (charbon actif) ont permis de retrouver une situation conforme.

En 2020, le département compte trois réseaux dont l’eau présente des contaminations suite à des pollutions diffuses, avec un dépassement récurrent de la limite de qualité en triazine et dérivés (traitement de la vigne) sans toutefois représenter un danger sanitaire pour les consommateurs (la valeur limite sanitaire n’étant pas dépassée). Deux de ces trois réseaux sont de très petites tailles (moins de 20 habitant), la troisième (Tourouzelle : 537 habitants) est alimentée par un captage pour lequel un programme d’action est déjà en cours pour tenter de reconquérir la qualité des eaux brutes.

A ce jour, seules plusieurs communes de l’extrême Ouest du département qui s’alimentent avec le puits de Belpech, présentent des dépassements récurrents aux limites de qualité réglementaires pour les métabolites  du métolachlore (herbicide utilisé pour les maïs) : dans la mesure où la valeur sanitaire (c'est-à-dire la valeur à partir de laquelle un effet néfaste sur la santé des consommateurs pourrait être enregistrée) n’a jamais été dépassée, ces non conformités n’ont pas donné lieu à des restrictions d’usages.

Une dérogation a été accordée à l’exploitant pour 3 ans (jusqu’en 2022), afin de lui permettre de continuer à distribuer cette eau sous réserve de la mise en place d’un plan d’action permettant un retour à la normale rapide (actions sur l’environnement du captage, maillage de réseau, mise en place d’un traitement adapté). Un contrôle sanitaire renforcé est réalisé pour suivre l’avancée des améliorations.

Pesticides Aude (Bilan eau 2020)

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

Afin de rétablir la qualité de l’eau, plusieurs types d’actions, dans lesquelles l’ARS est partie prenante, sont mises en œuvre.

Lorsque des non-conformités récurrentes sont mises en évidence par le contrôle sanitaire, l’ARS propose au Préfet du département, des mises en demeure aux PRPDE concernées afin que ces dernières engagent des actions concrètes et efficaces pour remédier à la situation.

Pour le bilan 2020, sept courriers de mise en demeure été adressés: quatre concernant des non-conformités récurrentes sur des paramètres bactériologiques et trois concernant des non-conformités associées aux pesticides.

Ces courriers demandent aux gestionnaires de remédier à ces problèmes de qualité notamment en identifiant la source de pollution et en mettant en place la protection de la ressource ou des plans d’action spécifiques pour les captages vulnérables aux pollutions diffuses.

A noter que, dans le département de l’Aude, fin 2021, 60 % des captages publics disposent d’une autorisation réglementaire et 37% sont en cours de procédure.

Comme détaillé précédemment, la principale problématique en terme de qualité des eaux à gérer sur le département concerne les dépassements aux limites de qualités en distribution pour les pesticides et leurs métabolites (triazines dans l’Est du département suite aux traitement des vignes et métolachlore et ses dérivés à l’Ouest du département provenant du traitement des maïs).

Plusieurs démarches sont d’ores et déjà engagées: des démarches préventives (comme les plan d’actions sur plusieurs captages prioritaires et le suivi renforcé sur les ressources faisant l’objet d’une dérogation), et/ou curatives (dilution avec une ressource non contaminée, mise en place de traitements efficaces).

A court et moyen terme, ces actions permettront de distribuer en tout point du département une eau de qualité, garantissant ainsi de façon durable la santé des consommateurs. 

Bilan et carte bactériologique

La qualité de l’eau potable distribuée en Aveyron s’est encore améliorée en 2020 : 97,6 % de la population est alimentée par une eau de bonne qualité bactériologique. Il subsiste toutefois quelques réseaux du sud Aveyron qui distribue de l’eau présentant de façon chronique une contamination bactériologique malgré la mise en œuvre de traitement de désinfection.

La poursuite de l’amélioration de la qualité bactériologique et la résorption des problèmes liés à la  turbidité (eau trouble suite à de fortes pluies) demeure malgré tout un objectif prioritaire notamment sur le sud du département. Cette reconquête de la qualité bactériologique de l’eau nécessite en premier lieu la mise en œuvre de la réhabilitation et de la protection des ouvrages de captage d’autant que le département de l’Aveyron présente un taux global de protection des captages d’eau potable nettement inférieur à la moyenne nationale. L’optimisation des traitements d’eau avant distribution en adéquation avec la qualité des eaux brutes et leur fiabilisation reste encore un objectif à atteindre pour de nombreuses collectivités impliquant la professionnalisation de la gestion des services d’eau et la nécessaire réflexion sur la gouvernance afin de répondre au défi du maintien de la qualité de l’eau partout sur le territoire.

Les investissements nécessaires à la réfection et la fiabilisation de ces installations sont  considérables. Ils sont cependant indispensables pour réduire les inégalités territoriales de santé.

Bactériologie Aveyron (Bilan eau 2020)

 

Bilan et carte nitrates

La population de l’Aveyron est alimentée par une eau conforme vis-à-vis du paramètre nitrates. Un seul réseau desservant un petit hameau de 15 habitants délivre une eau présentant une teneur moyenne en nitrates supérieure à 50 mg/l. La population est informée et a reçu des recommandations d’interdiction d’usages. La ressource concernée doit être abandonnée à court terme, au profit d’un raccordement à une nouvelle ressource présentant des teneurs conformes à la limite de qualité.

D’autres réseaux présentent une teneur moyenne ou une teneur maximale supérieure à 40 mg/l nécessitant un suivi de l’évolution de ces teneurs et la mise en œuvre de mesures visant à limiter l’augmentation de ces valeurs.

La bonne qualité des eaux vis-à-vis du paramètre nitrates ne doit pas occulter la prévention à maintenir sur les bassins d’alimentation des ressources en eau vis-à-vis du risque lié aux pollutions diffuses. Celles-ci peuvent avoir pour conséquence une augmentation régulière des concentrations en nitrates des eaux souterraines ou superficielles ou l’apparition de pics élevés à certaines périodes de l’année  liés au lessivage par les pluies de terrains cultivés amendés en azote. Il est ainsi impératif d’assurer une protection pérenne de la ressource en eau par la mise en place de périmètres de protection de captage avec si nécessaire la mise en œuvre de mesures préventives. Il convient de rappeler que dans la plupart des cas, une ressource polluée par les nitrates ne peut plus être utilisée pour la production d’eau potable et est donc vouée à l’abandon. Dans le contexte de changement climatique et de raréfaction de la ressource en eau, la préservation de chacune d’entre elles représente donc un véritable enjeu.

Nitrates Aveyron (Bilan eau 2020)

Bilan et carte pesticides

La très grande majorité des réseaux délivre une eau conforme vis-à-vis des normes de qualité pour les pesticides en Aveyron: cela implique soit l’absence totale de pesticides avec des résultats inférieurs aux seuils de détection pour l’ensemble des molécules recherchées, soit des résultats d’analyses inférieurs à la limite de qualité de 0.1 µg/l pour chaque molécule analysée, traduisant la détection de pesticides à l’état de traces.

Pesticides Aveyron (Bilan eau 2020)

Ainsi, 98,2% de la population a bénéficié en 2020 d’une eau potable sans aucune détection de pesticides et seulement 1.7% a été alimentée par une eau ayant connu un dépassement très ponctuel de la limite de qualité de 0.1 µg/l.

La présence de pesticides a été détectée sur cinq réseaux du département à une teneur très légèrement supérieure à la limite en vigueur et pendant une durée très limitée. Au vu de l’amplitude des dépassements et de leur durée, il n’a pas été nécessaire d’interdire ou de limiter la consommation de l’eau. Les mesures mises en œuvre sont le plus souvent préventives en limitant l’usage des pesticides sur les zones d’alimentation en eau des captages d’eau potable, en prohibant l’épandage à proximité des cours d’eau, ou curatives par l’installation de filtres à charbon actif pouvant retenir les molécules de pesticides présentes dans l ‘eau. Peu de réseaux ont actuellement des traitements de ce type capable de retenir ces molécules avant la mise en distribution de l’eau, en raison des coûts. Il convient donc de privilégier au maximum la prévention pour protéger les ressources en eaux.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

L’ARS va poursuivre ses missions d’information et d’accompagnement des élus et gestionnaires de  réseaux d’eaux potables dans leur démarche de réhabilitation de leurs installations et de mise en œuvre de protection des ressources en eau.  L’avancement des procédures en cours de protection des ressources en eau par la mise en place de périmètres de protection autour des captages d’eau potable en application du code de la santé publique reste une priorité absolue dans le département.

Concernant la préservation de la ressource en eau vis à vis de la pollution  par les pesticides, il s’agit d’un enjeu fort au vu de la dégradation globale de la qualité des eaux vis à vis de ces molécules.

Le département de l’Aveyron reste  plutôt préservé mais au vu des coûts prohibitifs liés au traitement de l’eau pour éliminer  les pesticides, il est important de promouvoir des actions  préventives.

En partenariat avec l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et l’Office International de l’Eau (OIEAU), l’ARS porte auprès des gestionnaires de réseau la mise en œuvre de Plan de Gestion de Sécurité Sanitaire de l’Eau (PGSSE), dans un objectif d’amélioration continu de la qualité de l’eau distribuée, de la ressource au robinet du consommateur.

La gouvernance des services de production et de distribution d’eau à la bonne échelle permettant la mutualisation des moyens techniques et financiers et des compétences reste l’un des points fondamentaux pour permettre aux petites structures existantes sur le département de fiabiliser de façon pérenne leur système d’alimentation en eau potable.  

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans le Gard

Globalement, l’eau distribuée dans le Gard est de bonne qualité et évolue favorablement.

Des progrès demeurent attendus sur de petits réseaux de distribution, par un meilleur entretien des installations ou la mise en place d’équipements de traitement, permettant d’améliorer notamment la qualité bactériologique ou la teneur en arsenic de l’eau distribuée.

Des efforts doivent également être faits dans certains secteurs très agricoles pour réduire la teneur en pesticides et nitrates des eaux captées et distribuées, par la mise en œuvre de mesures préventives et curatives.

Bilan et carte bactériologique

Bactériologie Gard (Bilan eau 2020)

 

La qualité bactériologique s’est globalement améliorée ces dernières années dans le département du Gard : 96% de la population a été alimentée en 2020 par une eau de bonne qualité bactériologique. Cela concerne notamment les secteurs les plus peuplés du département.

A l’inverse, moins de 0,1% de la population a été alimentée par une eau dont la qualité bactériologique était fréquemment non-conforme. Les résultats les plus défavorables s’observent en majorité dans les petites collectivités assurant la gestion d’unités de distribution desservant souvent moins de 100 habitants.

Bilan et carte nitrates

Nitrates Gard (Bilan eau 2020)

 

100 % de la population du département a consommé en 2020 une eau dont la concentration moyenne en nitrates était conforme à la limite de qualité (50 mg/L).

Environ 14% de la population a été alimentée par une eau ayant une teneur en nitrates pouvant dépasser 25 mg/L et moins de 2% de la population a été desservie par une eau ayant présenté des non-conformités pour le paramètre nitrates (dépassements parfois très ponctuels de la limite de qualité de 50 mg/L).

La présence de nitrates concerne en particulier les nappes de la Vistrenque et des Costières, au sud et à l’est de Nîmes.

Bilan et carte pesticides

Pesticides Gard (Bilan eau 2020)

 

La population du Gard est alimentée de bonne qualité vis-à-vis des pesticides : sur les unités de distribution ayant fait l’objet d’analyses de pesticides en 2020 :

  • 97% de la population a été desservie par une eau conforme vis-à-vis des pesticides.
  • 3% de la population a été alimentée en eau ayant présenté en 2020 un ou plusieurs dépassements des limites de qualité pour les pesticides, sans que des restrictions d’usage de l’eau ne soient nécessaires.

Dans la majorité des cas, ces dépassements correspondent à la présence d’un sous-produit de dégradation d’un herbicide (atrazine) dont l’usage est désormais interdit, et concernent surtout le Nord-Est du département.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

En cas de non-conformités de la qualité de l’eau distribuée, la personne responsable de la distribution de l’eau doit prendre les mesures visant à rétablir la qualité de l’eau.

Dans l’attente, afin de protéger les consommateurs, des restrictions d’usage de l’eau peuvent être imposées par le Préfet :

  • restrictions temporaires en cas de non-conformité bactériologique notamment (15 restrictions temporaires en 2020) ;
  • restrictions permanentes pour certains réseaux très vulnérables (en raison de carences d’équipement ou de défauts d’entretien des installations) ne permettant pas de garantir la qualité bactériologique (en 2020, 2 unités de distribution étaient en restriction permanente) ;
  • restrictions permanentes pour quelques réseaux présentant des teneurs excessives en arsenic (d’origine naturelle, en lien avec la géologie locale, sur certaines ressources situées dans le Nord-Ouest du département : en 2020, 4 unités de distribution étaient en restriction permanente et 1 unité de distribution en restriction temporaire sur plusieurs mois).

Depuis plusieurs années, certaines collectivités ont pris des mesures d’amélioration pour distribuer une eau conforme (installation de traitement, interconnexion avec un autre réseau, …), ce qui a permis de lever certaines restrictions d’usage.

En outre, des journées de sensibilisation à la qualité de l’eau ont été financées et organisées par l’ARS, à destination des petites collectivités, pour renforcer leurs compétences en matière de gestion des installations d’eau.

Des mesures préventives et curatives doivent encore être mises en œuvre pour réduire la teneur en pesticides des eaux captées et distribuées par certains réseaux.

Afin de limiter la contamination des eaux par les nitrates, les secteurs concernés font l’objet d’un suivi particulier de la part des services de l’Etat (programme d’actions en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole).

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans la Haute-Garonne

La spécificité majeure de l’alimentation en eau potable de la Haute-Garonne repose sur l’importance de la sollicitation des ressources superficielles et notamment de la Garonne et ses dérivations pour la production d’eau potable : 91% de la population est alimentée à partir d’eau superficielle (prises d’eau situées sur les principaux cours d’eau : Garonne, Ariège, Tarn, Salat, canal de Saint-Martory, canal latéral ainsi que sur des retenues et gravières), contrairement au niveau national où l’eau superficielle utilisée pour la production d’eau potable représente environ 33% des débits prélevés.

14 usines majeures (filières de potabilisation complètes) alimentent environ 91 % de la population du département.

Au Sud, en raison de la topographie, de nombreux petits captages en eau souterraine sont sollicités dans la zone de montagne et du piémont pour alimenter une multitude de villages et de petits hameaux (166 captages de moins de 100 m3/j, soit environ 67% du nombre total de captages dans le département, alimentent moins de 1% de la population).

Bilan et carte bactériologique

Bactériologie Haute-Garonne (Bilan eau 2020)

La qualité microbiologique de l'eau distribuée dans le département est globalement très satisfaisante. En 2020, plus de 99% de la population du département a été alimentée par une eau présentant une bonne qualité microbiologique.

Le département compte 36 réseaux alimentant environ 2650 habitants qui ne sont pas pourvus de système de désinfection pérenne.

Des problèmes bactériologiques demeurent néanmoins pour certains de ces petits captages de montagne non désinfectés et ayant une mauvaise protection naturelle ou dont le traitement de désinfection est momentanément déficient. En 2020, 29 interdictions provisoires de consommation d'eau ont ainsi été prononcées suite à des anomalies microbiologiques et physico-chimiques.

Bilan et carte nitrates

Nitrates Haute-Garonne (Bilan eau 2020)

 En ce qui concerne les nitrates, la totalité de la population du département est alimentée par une eau conforme aux normes, aucun dépassement n’a été constaté sur ce paramètre au cours des dernières années en distribution. Près de 98,8% de la population du département est desservi par une eau présentant des concentrations en nitrates inférieures à 25 mg/l.

Bilan et carte pesticides

Pesticides Haute-Garonne (Bilan eau 2020)

 

La problématique essentielle des pesticides dans le département est liée à la présence d’ESA Métolachlore, métabolite du S métolachore. Depuis sa recherche en 2014, il a été retrouvé de façon très ponctuelle sur certains sites de production alimentés à partir d’eau superficielle. L’une de ces unités de production (au nord de Toulouse) a été abandonnée fin 2020 et raccordée à un réseau ne présentant pas de non-conformités, deux autres présentent des non-conformités lorsque leurs ressources de secours sont utilisées (1 mois dans l’année) pendant la période de chômage du canal Saint-Martory. Les dépassements relevés dans le cadre du contrôle sanitaire sont ponctuels et n’ont pas été confirmés lors d’analyses de recontrôle. L’ensemble des valeurs retrouvées restent largement inférieures aux valeurs sanitaires maximum à ne pas dépasser définies par l’ANSES pour ces molécules, qui correspondent à une concentration n'entrainant aucun effet néfaste sur la santé à court ou long terme en l’état actuel des connaissances.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

En 2020, le schéma départemental d’alimentation en eau potable de la Haute-Garonne a été finalisé. Ce schéma a pour objectif de définir des solutions durables ayant pour objectif de mettre à disposition de la population du département une eau potable de bonne qualité et en quantité suffisante dans les années à venir.

Par ailleurs, la démarche de mise en place périmètres de protection des captages d’eau, essentielle pour protéger ces ressources, se poursuit, principalement dans le sud du département et s’accompagne de la mise en place de systèmes pérennes de désinfection, afin de fiabiliser la qualité microbiologique de l’eau distribuée.

Enfin, des projets d’amélioration des filières de traitement de certaines usines de production d’eau potable sont actuellement à l’étude et en cours de déploiement, et deux nouvelles stations de production d’eau potable devraient être créées prochainement à Carbonne et Saubens.

Tous ces projets concourent à l’amélioration de la qualité de l’eau distribuée dans le département de la Haute-Garonne.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans le Gers

La spécificité hydrogéologique du Gers est la présence d’une couche de molasse qui empêche l’accès aux eaux souterraines infra mollassiques : les captages se font donc majoritairement en eaux superficielles et plus précisément en rivières. L’eau qui est prélevée à l’aval de ces cours d’eau est plus chargée en micropolluants que les eaux prélevées en amont : les eaux se chargent en micropolluants au cours de leur trajet.

Seule la partie Ouest du département, dans les sables fauves, permet une exploitation des eaux souterraines. Mais ces sables ont une faible perméabilité et les eaux souterraines sont aussi sensibles aux pollutions.

A l’Ouest, les quelques ressources exploitées en profondeur et qui sont protégées des pollutions de surface sont des eaux molassiques, mais elles sont chaudes ce qui nécessite d’utiliser des tours aéroréfrigérantes avec risque de légionellose. Elles présentent également une radioactivité naturelle importante.

Au Sud-Est, il n’y a pas de captage dans le département du Gers, le réseau est raccordé au réseau du syndicat de Barousse Comminges, en provenance du 31 et du 65.

Le Gers compte 24 Unités de Gestion des Eaux (UGE) et 53 captages dont 37 captages en eaux souterraines (6 en forage profond dans l’infra mollassique donc protégés « naturellement ») et 16 en eaux superficielles. La problématique pesticides-métabolites concerne 18 UGE et 26 captages répartis pour moitié entre eaux souterraines et eaux superficielles, soit les 2/3 de la population.

Bilan et carte bactériologique

La qualité bactériologique des eaux distribuée dans le Gers est très satisfaisante : 98,3 % de la population gersoise est alimentée par de l’eau conforme aux normes de qualité bactériologiques.

Il convient de noter la prépondérance de l'origine superficielle en ce qui concerne les ressources sollicitées. Cette origine implique la mise en œuvre d’une filière complète de traitement, qui concoure à ces bons résultats bactériologiques.

Les rares contaminations observées sont généralement ponctuelles et de faible ampleur. Aucune restriction de consommation n’a été nécessaire.

Bactériologie Gers (Bilan eau 2020)

Bilan et carte nitrates

La population du Gers est alimentée par une eau conforme vis-à-vis du paramètre nitrates. Un dépassement ponctuel a été observé dans l’Ouest du département. Ce dépassement est dû à un défaut de la dilution mise en place sur ce secteur pour diminuer la teneur en nitrates avant distribution. Après intervention de la collectivité sur la filière de traitement, les teneurs en nitrates ont à nouveau respecté les normes de qualité en vigueur.

Les nitrates retrouvés dans les eaux prélevées ont comme origine principale l’activité agricole intense. Leur concentration dans les cours d’eau s’explique notamment par l’imperméabilité des sols, qui accentuent les lessivages, alors que celle retrouvée dans les nappes souterraines du Nord-Ouest du département s’explique par la perméabilité des sables, qui favorisent l’infiltration.

Le suivi de la teneur en nitrates dans les eaux superficielles et souterraines tend à montrer que la qualité de la ressource se détériore progressivement.

Des mesures préventives, comme la mise en œuvre des programmes d’action dans les « zones vulnérables aux nitrates » devraient contribuer à réduire les intrants agricoles et ainsi ralentir la dégradation de la ressource.

Nitrates Gers (Bilan eau 2020)

 Bilan et carte pesticides

Pesticides Gers (Bilan eau 2020)

Plusieurs dépassements récurrents aux limites de qualité réglementaires des pesticides en 2020 ont été relevés, notamment sur les métabolites de certains pesticides. Les résultats d’analyse dans le cadre du contrôle sanitaire montrent une prédominance de S-métolachlore (herbicide des grandes cultures dont le maïs) et des métabolites, après dégradation dans le sol, d’EXA-metolachlore (pertinent au titre de l’ANSES) et d’OXA-métolachlore (non pertinent au titre de l’ANSES). Ces dépassements sont liés à une dégradation chronique de la ressource en eau.

Le dépassement de la limite de qualité, pour les eaux distribuées, est chronique pour l’ensemble des captages concernés par cette problématique en restant toutefois bien inférieur aux valeurs sanitaires maximales (Vmax = 510 µg/l pour l’ESA-métolachlore). Cette Vmax correspond à une concentration n'entraînant aucun effet néfaste sur la santé à court ou long terme en l’état actuel des connaissances.

Ces non conformités n’ont pas donné lieu à des restrictions d’usages.

Des mesures curatives sont toutefois mises en œuvre chaque fois que cela est possible afin de réduire au plus bas la concentration en pesticide de l’eau distribuée (optimisation du traitement par charbon actif, …). 

Afin de respecter la limite de qualité sur les paramètres pesticides dans l’eau destinée à la consommation humaine distribuée, des actions curatives et préventives doivent être menées par les personnes responsables de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE) :

  • Actions curatives : des travaux adaptés ou une optimisation de la filière de traitement existante sont nécessaires pour distribuer une eau conforme aux exigences de qualité ;
  • Actions préventives : par exemple, les aires d'alimentation des captages prioritaires "Grenelle", devraient également contribuer à réduire les intrants agricoles et ainsi ralentir la dégradation de la ressource.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

De manière générale l’ARS, en plus du contrôle sanitaire, réalise un travail d’animation et d’accompagnement auprès des PRPDE afin de les informer des obligations réglementaires, de favoriser le déploiement des plans de gestion et de sécurité sanitaire de l’eau (PGSSE) et d’inciter à tendre vers la meilleure qualité de l’eau distribuée pour la consommation humaine.

Aux missions courantes des services ARS de régularisation des ressources exploitées pour l’alimentation en eau, au suivi du contrôle sanitaire réglementaire et aux visites sur les installations, s’ajoutent des actions ciblées sur les réseaux contaminés par les pesticides.

En effet, la stratégie régionale pour améliorer la qualité de l’eau distribuée vis-à-vis des pesticides et des métabolites de pesticides a été arrêtée. Cette stratégie est déclinée au niveau départemental sous l’égide de monsieur le préfet.

Ainsi, le 16 septembre dernier, madame la secrétaire générale de la préfecture a réuni les services de l’État, l’Agence de l’eau Adour Garonne, l’ARS et les PRPDE concernées par la problématique des pesticides. A partir d’un état des lieux partagé, madame la secrétaire générale a rappelé à chaque collectivité les procédures juridiques et les principes d’actions préventifs et curatives à mettre en œuvre pour reconquérir la qualité de l’eau.

L’ARS, la DDT, la FREDON et l’Agence de l’Eau ont ensuite rencontré chacune des PRPDE concernées lors de réunions techniques pour échanger sur les actions (curatives et préventives), les moyens et le calendrier à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif.

La mise en œuvre des plans d’actions curatifs et préventifs sera encadrée par un arrêté préfectoral qui prendra la forme d’une mise en demeure avec des délais fixés à 6 mois pour la réalisation du plan d’action curatif et à 18 moi pour la réalisation du plan d’action préventif.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans l’Hérault

Le département se caractérise par une répartition géographique de la population très contrastée : grosses collectivités sur la bande littorale dont la population ne cesse d'augmenter et population faible et dispersée dans l'arrière-pays. Autre trait contrasté dans ce département, les évènements climatiques puisque des épisodes d’inondations liés à des pluies diluviennes peuvent succéder à des périodes de sécheresse.

Cette situation contrastée se retrouve en matière d’alimentation en eau potable.

La qualité de l’eau distribuée est principalement tributaire de la qualité de l’eau des ressources exploitées.

Bilan et carte bactériologique

Bactériologie Hérault (Bilan eau 2020)

 Plus de 99 % de la population du département a été desservie, en 2020 par une eau de bonne qualité bactériologique.

Le manque de maîtrise de la qualité bactériologique de l’eau distribuée concerne le plus souvent des petits réseaux. Parmi les réseaux présentant une contamination bactériologique chronique près de 70 % desservent moins de 100 habitants. L’eau y est le plus souvent distribuée sans aucun traitement. 

Dans le département, 23 réseaux desservant un peu moins de 1 800 habitants font l’objet de restriction d’usage permanente pour les usages alimentaires.

Ces restrictions sont essentiellement liées à la distribution d’une eau de mauvaise qualité bactériologique du fait de l’absence de moyens de maîtrise de la qualité (absence de dispositif de désinfection ou mauvaise gestion de celui-ci). Les collectivités concernées doivent étudier puis mettre en place un programme d’action permettant de garantir de façon pérenne la qualité des eaux distribuées. Dans l’attente de la mise en œuvre de solution, la collectivité doit informer la population concernée et lui mettre à disposition de l’eau en bouteille pour les usages alimentaires

Bilan et carte nitrates

Nitrates Hérault (Bilan eau 2020)

Les eaux distribuées dans le département de l’Hérault ne présentent pas de dépassement des normes sur le paramètre nitrates : seule la situation très ponctuelle du réseau de Ferrière-Poussarou desservant le hameau de Camprafraud (20 habitants) où les teneurs en nitrates sont très fluctuantes, parfois au-delà de la limite de qualité, imposant des recommandations d’usage.

A noter toutefois, plusieurs communes du secteur Mauguio-Lunel, classées en zone vulnérable vis-à-vis des pollutions diffuses du fait de teneurs en nitrates notables observées de façon récurrente au niveau de la nappe du Villafranchien (dite «nappe de Mauguio»). Cette situation justifie une surveillance renforcée et des actions spécifiques de reconquête de la qualité du milieu. Les teneurs en nitrates des eaux distribuées ne reflètent cependant pas cette dégradation du milieu et sont conformes aux limites applicables aux eaux destinées à la consommation humaine compte-tenu d’une dilution des eaux prélevées avec celles provenant du Bas-Rhône, très peu chargées en nitrates.

Bilan et carte pesticides

Pesticides Hérault (Bilan eau 2020)

 Plus de 98 % de la population départementale a été desservie par une eau conforme vis-à-vis des pesticides en 2020. Pour environ 1 % de la population départementale, l’eau distribuée a présenté une teneur moyenne en pesticides dépassant la limite de qualité (9 réseaux – 6 387 habitants permanents.) sans que des restrictions d’usage de l’eau distribuée ne soient cependant nécessaires.

La situation de la commune de Creissan a évolué favorablement au cours de l’été 2021 avec la mise en place d’un traitement d’élimination des pesticides. L’eau distribuée est désormais conforme vis-à-vis des pesticides. Les autres collectivités sont sollicitées pour rétablir la conformité de l’eau distribuée. La plupart ont des projets en cours d’études ou de mise en place.

A l’échelle du département, cette situation globalement satisfaisante est obtenue au prix de la mise en place de traitements (dilution ou élimination par filtration sur charbon actif) voire d’abandon de ressources contaminées. Il n’en reste pas moins que des programmes d’action visant à reconquérir la qualité des eaux souterraines sont établis dans la plupart des bassins versants, sous l’égide du préfet (DDTM/DREAL/ Agences de l’eau) par plusieurs collectivités héraultaises (captages dits Grenelles et/ou prioritaires). Ces démarches de fond, complémentaires aux solutions curatives imposées par le Code de la Santé Publique, peuvent demander plusieurs années avant que les efforts consentis se traduisent en termes de qualité d’eaux souterraines. Plusieurs démarches réussies dans le département doivent encourager à poursuivre ces démarches.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

Dans le département, la régularisation des installations de production et distribution d’eau destinée à la consommation humaine se poursuit, les autorisations des nouvelles installations, préalablement à leur mise en service également. Ces étapes réglementaires sont fondamentales. Elles constituent en effet, un préalable à :

  • La mobilisation d’une ressource de qualité compatible avec la production d’eau potable,
  • La mise en œuvre de mesures de protection (conception des ouvrages, modalités d’exploitation et de protection),
  • La mise en place d’un traitement adapté à la qualité des eaux prélevées,
  • La définition des modalités de surveillance de la qualité de l’eau : contrôle sanitaire et surveillance de l’exploitant.

Dans le département de l’Hérault, fin 2021, seulement 62 % des captages publics disposent des autorisations réglementaires, ce qui, exprimé en % du débit prélevé en m3/j, représente plus de 95% des captages en service.

Les démarches vis-à-vis des pollutions diffuses (nitrates et pesticides) sont engagées sur la plupart des bassins-versants.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans le Lot

Bilan et carte bactériologique

Bactériologie Lot (Bilan eau 2020)

 La population du département a principalement été alimentée par une eau de bonne qualité bactériologique. La plupart des contaminations mises en évidence par le contrôle sanitaire ont été des dépassements ponctuels des limites de qualité qui interviennent dans 2 grands types de situations :

  • Les ressources nécessitant un traitement. Il s’agit de celle ayant une sensibilité forte du milieu vis-à-vis de la turbidité et pour lesquelles il n’existe pas d’unité de traitement. Ces situations entrainent fréquemment des non-conformités bactériologiques, notamment en cas d’épisode pluvieux intense. Afin d’éviter tout risque sanitaire, ces unités de distribution doivent impérativement faire l’objet d’un traitement par filtration physique ou pouvoir être interconnectées de manière durable à des ressources non sensibles et/ou traitées.

On peut citer par exemple : Cahors, Cajarc, Terrou, Lissac-et-Mouret, …

  • Les collectivités devant améliorer leurs conditions d’exploitations : Il s’agit des ressources pour lesquelles on observe des dépassements aux références de qualité bactériologique qui ne sont pas liés à des phénomènes de turbidité. Ils s’expliquent donc par des défauts de surveillance ou de suivi dans le processus de désinfection : temps de contact pas assez long avec le désinfectant, chloration pas assez forte, mauvais entretien des réservoirs … L’ARS doit donc revoir avec les PRPDE les protocoles mis en place afin de limiter les risques sanitaires.

Certains de ces situations ont par ailleurs nécessité en 2020la mise en place de restriction temporaire des usages de l’eau à des fins alimentaires pour les communes de :

Le département bénéficie donc dans sa globalité d’une eau de bonne qualité bactériologique. Pour autant, l’ARS mène des actions visant à poursuivre l’amélioration de cette qualité.

Bilan et carte nitrates

L’ensemble du territoire du Lot est alimenté par une eau conforme à la limite de qualité pour les nitrates. Aucun dépassement de la limite de qualité pour les nitrates n’a été enregistré sur le département depuis 2010.

Nitrates Lot (Bilan eau 2020)

 Bilan et carte pesticides

Pesticides Lot (Bilan eau 2020)

 La principale problématique à gérer sur le département concerne les dépassements aux limites de qualités en distribution concernant les produits phytosanitaires. En fonction des problématiques, la délégation départementale du Lot engage différents types d’actions :

  • Mise en place d’un suivi renforcé sur l’ensemble des eaux distribuées présentant au moins une analyse avec dépassement de la limite de qualité à 0.1 ug/L pour au moins une molécule
    • Belfort du Quercy,
    • Leyme,
    • Sousceyrac en Quercy,
    • Montet et Bouxal,
    • Gorses,
    • Prudhomat,
    • Bannes,
    • Bagnac sur Célé, depuis sept 2020,
    • St Cirq Madelon, depuis déc 2020, pour l’ADETD (atrazine déséthyl déisopropyl)
  • Mise en place d’un renforcement de suivi pesticides sur l’ensemble des eaux distribuées ne faisant pas l’objet d’un dépassement de la limite de qualité, mais ayant dépassé le seuil d’alerte de 0.08 µg/L
    • Tauriac,
    • St jean lagineste,
    • Terrou,
    • SIAEP du Limargue et du Ségala

 

Pour la population confrontée à des non-conformités, il convient de préciser qu’aucun de ces dépassements n’a nécessité de mise en place de restriction des usages sanitaires de l’eau distribuée.

En effet, aucune de ces non-conformités n’a dépassé les valeurs maximales admissibles déterminées pour chaque molécule par l’agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). Ces dépassements sont presque exclusivement le fait de la même molécule : l’ESA-métolachlore qui est un produit de dégradation d’une substance utilisée comme désherbant pour le maïs principalement.

La problématique des pesticides impacte plus particulièrement le nord-est du département. Cela s’explique par :

  • Une pression agricole relativement importante ;
  • Des ressources d’eaux souterraines peu profondes ou d’eaux de surface.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

Qu’il s’agisse des enjeux bactériologiques ou phytosanitaires, afin d’accompagner les collectivités dans la gestion de ces problématiques, la délégation départementale du Lot rencontre l’ensemble des collectivités concernées. Ces rencontres sont l’occasion de diagnostiquer les installations et les procédures afin notamment de pouvoir identifier les problématiques et proposer en lien avec les élus des solutions à engager par les services techniques et/ou les délégataires.

Actuellement de nombreux projets sont d’ores et déjà actés et vont notamment permettre de contribuer à accroitre la qualité sanitaire des eaux distribuées sur le département :

  • Validation de la construction de l’usine d’ultrafiltration par le Grand Cahors
  • Etude en cours de finalisation pour la mise en place d’une usine de traitement à Cajarc
  • Réflexion en cours pour la mise en place d’un syndicat de 2nde génération sur le Causse de Martel

Concernant le volet phytosanitaire, ces rencontres permettent d’anticiper les réponses et les plans d’actions qui vont devoir être proposées par les collectivités dès 2022 en réponse à la stratégie régionale pour améliorer la qualité de l’eau distribuée vis-à-vis des pesticides et des métabolites de pesticides. Elle définit 2 types d’actions complémentaires :

  • La mise en place de solutions curatives, comme l’installation ou l’amélioration d’une filière de traitement, la dilution avec une ressource non contaminée ou l’utilisation d’une nouvelle ressource. Ce type de mesure permettra de mettre fin à la non-conformité de l’eau distribuée et de limiter les expositions des populations dans un délai relativement court.
  • La mise en place d’actions de prévention pour réduire à la source les pollutions. Cela passe par une réduction des usages de pesticides ou amélioration de la protection des captages contre les pollutions diffuses. Ces mesures permettront d’assurer une qualité d’eau de la ressource satisfaisante pour la production d’eau potable. Cependant les effets bénéfiques des telles mesures ne se mesureront qu’à moyen ou à long terme

Au final, les missions de l’ARS au quotidien s’articulent autour de plusieurs axes :

  1. Un travail d’animation et d’accompagnement. L’objectif étant d’accompagner les nouveaux élus et les services techniques, de faire connaitre les obligations réglementaires et le sens des réglementations, d’avoir des plans d’actions, avec engagements des élus en terme d’échéance et de budget.
  2. Un travail pédagogique, notamment en ciblant si besoin le contrôle sanitaire afin de mettre en avant les faiblesses des systèmes actuels en place sur le département. Proposer des formations et ou des journées techniques : 2 journées d’acculturations PGSSE + 1 formation technique

Un travail de police si nécessaire en engageant les sanctions administratives (mise en demeure, consignation des sommes …) en lien avec le Préfet du département pour faire avancer les dossiers qui n’évoluent plus.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans la Lozère

Les spécificités du département lozérien engendrent deux principales problématiques que sont :

  • La mobilisation de ressources en eau suffisantes en terme de volume et pérennes ;
  • La fragilité des ressources captées souvent de faibles profondeurs et sujettes à une vulnérabilité importante vis-à-vis des pollutions environnementales.

Bilan et carte bactériologique

Bactériologie Lozère (Bilan eau 2020)

 Compte tenu de la vulnérabilité des ressources, et au regard des activités présentes sur le territoire lozérien, les contrôles sanitaires des eaux produites et distribuées relèvent des non-conformités principalement bactériologiques. Outre la protection de la ressource, la résorption de ces non-conformités repose sur la mise en place d’unité de désinfection ; un tiers des réseaux de distribution d’eau lozériens sont sécurisés par un dispositif de désinfection permettant de garantir une eau conforme pour la bactériologie pour environ 80% des abonnés lozériens.

Pour les réseaux présentant une sécurité sanitaire insuffisante, et afin de protéger la santé des abonnés, des limitations d’usage de l’eau sont instaurées ; environ 200 réseaux de distribution d’eau sont soumis à une limitation d’usage de l’eau représentant environ 7% de la population lozérienne.

Bilan et carte nitrates

Nitrates Lozère (Bilan eau 2020)

 L’eau délivrée sur le département de la Lozère ne comporte pas de non conformités vis-à-vis du paramètre nitrate. Les teneurs maximales des eaux distribuées ne dépassent pas 40 mg/L, la norme étant à 50 mg/L.

Bilan et carte pesticides

Pesticides Lozère (Bilan eau 2020)

 De même que pour les nitrates, l’eau délivrée sur le département de la Lozère ne comporte pas de non conformités vis-à-vis des pesticides. L’eau délivrée est conforme aux normes pour ces paramètres.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

La première mesure pour améliorer la desserte en eau en Lozère repose avant tout sur l’autorisation administrative des ouvrages de captage et la mise en place des mesures de protection autour des ressources captées. Sur près de 1000 captages et mélanges de captages présents en Lozère, environ 730 disposent d’une autorisation administrative. Cette action reste donc une priorité en Lozère.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans les Hautes-Pyrénées

Le département des Hautes-Pyrénées dispose de nombreuses installations de captages et de production d’eaux destinées à la consommation humaine :

  • 422 ouvrages de captage d’eau qui exploitent à la fois des eaux souterraines (91% des débits produits) et des eaux superficielles (9%).
  • 295 stations de traitement
  • 329 réseaux de distribution collectifs

En termes de protection, 73 % des captages disposent d’un arrêté préfectoral d’autorisation, 24 % font l’objet d’une procédure de DUP en cours.

Les contrôles sanitaires réglementaires :

Pour chaque unité de gestion les prélèvements sont réalisés à trois niveaux :

  • La ressource au point de puisage de l’eau brute avant traitement.
  • La mise en distribution immédiatement en aval de l’étape de traitement ou à l’aval du réservoir.
  • La distribution au robinet normalement utilisé par l’usager.

Pour l’année 2020, 159 prélèvements aux fins d’analyses ont été réalisés aux captages, 627 aux traitements et 1795 en distribution sur le réseau public d’adduction.

Bilan et carte bactériologique

97% de la population est alimentée par une eau de bonne qualité au point de vue microbiologique. Les résultats non conformes concernent principalement des petits réseaux de distribution (<1000 habitants), pour lesquels la ressource est vulnérable et la gestion du réseau souvent complexe.

Bactériologie Hautes-Pyrénées (Bilan eau 2020)

Bilan et carte nitrates

Toutes les eaux délivrées dans le département des Hautes-Pyrénées sont conformes à la norme nitrates (50 mg/L). Cependant la vigilance doit être conservée pour garantir la qualité de l’eau desservie à long-terme.

Ainsi, sur plusieurs réseaux de la plaine de l’Adour : SMAEP Nord de Tarbes, Oroix-Pintax-Tarasteix et Vic-en-Bigorre (quartier St Aunis alimenté par SMAEP Nord de Tarbes), les concentrations en nitrates sont comprises entre 40 et 50 mg/L, ces réseaux desservent 7 % de la population du département.

Nitrates Hautes-Pyrénées (Bilan eau 2020)

Bilan et carte pesticides

Le nord du département est impacté par la présence de pesticides et de résidus de pesticides, appelés métabolites, dans les eaux souterraines. Dans les eaux distribuées au consommateur, un métabolite de l’herbicide S-métolachlore, l’ESA-métolachlore, est retrouvé à des concentrations supérieures à 0,1 µg/L (limite de qualité) et inférieures à 510 µg/L (seuil de gestion sanitaire).

En 2020, 61% de la population a reçu une eau conforme toute l’année pour les pesticides et les métabolites. Pour 39% de la population, des dépassements récurrents de la limite de qualité ont été mesurés, principalement pour l’Esa-métolachlore, liées à une dégradation de la ressource en eau souterraine.

Pesticides Hautes-Pyrénées (Bilan eau 2020)

 Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

A partir de 2020, aux missions courantes des services ARS de régularisation des ressources exploitées pour l’alimentation en eau (14 sources régularisées), au suivi du contrôle sanitaire règlementaire (348 alertes bactériologiques gérées) et aux visites sur les installations, s’ajoutent des actions ciblées sur les réseaux contaminés par les pesticides.

Ainsi, en cas de dépassement de la limite de qualité, fixée à 0,1 µg/L, le producteur d’eau est alerté par le laboratoire et par l’ARS. Un suivi renforcé des concentrations en pesticides est mis en œuvre par l’ARS dès que la présence de ces composés est détectée de façon chronique que les valeurs soient supérieures ou pas aux limites de qualité. Ces suivis sont déjà en place sur 11 réseaux du département présentant des non conformités récurrentes et sur 2 réseaux pour lesquels l’ESA-métolachlore est détecté sans dépassement des limites de qualité à ce jour.

En 2020, ces non conformités n’ont pas donné lieu à des restrictions d’usages dans la mesure où les valeurs mesurées restent inférieures à la valeur de gestion sanitaire maximum retenue par l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). En l’état actuel des connaissances, cette valeur correspond à une concentration n'entraînant aucun effet néfaste sur la santé à court ou long terme. Cependant, les producteurs d’eau doivent s’engager à mettre en place des mesures destinées à revenir à une qualité d’eau satisfaisante pour le consommateur, c'est-à-dire des concentrations ne dépassant pas 0,1 µg/L pour les substances identifiées par l’Anses.

Ainsi, des mesures curatives sont mises en œuvre ou sont programmées chaque fois que cela est nécessaire (interconnexion en vue d’une dilution, optimisation du traitement…). Dans le département, 3 stations de traitement par charbons actifs et/ou dilution permettent de traiter les eaux brutes et de diminuer les concentrations en pesticides dans les eaux distribuées aux consommateurs. Deux stations sont en cours de construction pour une mise en service en 2022. Ces stations de traitement intégrant des filières dédiées aux pesticides sont complexes et nécessitent un suivi très régulier pour obtenir un fonctionnement optimal.

Enfin, des études sont menées sur plusieurs territoires pour engager des actions à l’échelle des zones d’alimentation des captages localisés sur la nappe de l’Adour : étude des voies de transfert des pesticides des sols vers la nappe, identification des flux d’eau contaminée dans le sous-sol, accompagnement à une réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires dans les zones proches de captages. L’objectif est de diminuer les concentrations en pesticides dans les eaux brutes pour limiter le traitement nécessaire à leur potabilisation.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans les Pyrénées-Orientales

Le département des Pyrénées-Orientales dispose de nombreuses installations de captages et de production d’eaux destinées à la consommation humaine :

  • 460 ouvrages de captage d’eau (438 captages en eaux souterraines qui représentent 94.6% des débits produits et 22 captages en eaux superficielles qui représentent 5.4% des débits produits).
  • 250 stations de traitement
  • 268 réseaux de distribution de collectivités publiques
  • A noter que : 92.6% des captages ont fait l’objet d’une procédure de DUP (soit 97% des débits produits concernés).

Les prélèvements :

Pour chaque unité de gestion les prélèvements sont réalisés à trois niveaux :

  • La ressource au point de puisage de l’eau brute avant traitement.
  • La mise en distribution immédiatement en aval de l’étape de traitement ou à l’aval du réservoir.
  • La distribution au robinet normalement utilisé par l’usager.

Pour l’année 2020, 189 prélèvements aux fins d’analyses ont été réalisés aux captages, 766 aux traitements et 2127en distribution sur les UDI publiques.

Bilan et carte bactériologique

Plus de 98,5% de la population départementale bénéficie d’une eau conforme aux normes pour les aspects microbiologiques. En effet plus de 80% de la population est alimentée par des eaux issues du bassin sédimentaire plio-quaternaire des nappes du Roussillon, qui sont de très bonne qualité bactériologique. Les résultats non conformes, qui concernent moins de 1.5% de la population, sont essentiellement liés aux problèmes microbiologiques de petites unités de distribution, que l’on retrouve notamment dans les secteurs montagneux, avec des déficits d’exploitation.  D’autres problèmes sont à relier à des installations qui prélèvent des eaux de surfaces et dont les traitements ne sont pas adaptés.

Bactériologie Pyrénées-Orientales (Bilan eau 2020)

 

  • Sur l’année 2020, on totalise une 30aine de non-conformités bactériologiques ponctuelles, n’ayant pas entrainé de restriction d’usage alimentaire la plupart du temps.
  • Seulement 5 restrictions d’usage ponctuelles mises en place en 2020 liées à des problèmes bactériologiques plus importants mais ponctuels.

A noter en 2020 la présence de 2 phénomènes météorologiques de grande ampleur (fortes crues, inondations) la tempête Gloria en janvier et la Tempête Véra en avril, ayant eu des conséquences sur la qualité bactériologique de l’eau et ayant entrainé des restrictions d’usages mises en place par les exploitants eux-mêmes et de manière préventive.

Bilan et carte nitrates

Nitrates Pyrénées-Orientales (Bilan eau 2020)

 98% de la population est alimentée par une eau exempte de nitrates : les eaux distribuées dans le département ne présentent pas de problème de nitrates. Aucun dépassement de la norme nitrates sur l’ensemble du département pour l’année 2020.

Néanmoins, on repère des concentrations entre 25 et 40mg/l sur certaines UDI (Bages, Pia, Villelongue de la Salanque) qui représentent 2% de la population.

Cas particulier d’Argelès sur Mer : la concentration moyenne en nitrate est inférieure à 20mg/l sur l’année 2020. Cependant, un prélèvement ponctuel a révélé une concentration maximale à 44mg/L en 2020. Un suivi de l’évolution de ce paramètre est en cours.

Bilan et carte pesticides:

Pesticides Pyrénées-Orientales (Bilan eau 2020)

13 non conformités sur les paramètres pesticides ont été observés sur l’année 2020. Elles ne concernent que 7 UDI, soit 3.2% de la population.

  • Des dépassements ponctuels et non confirmés ont pu être observés :
    • Fénuron (Ayguatébia et Feilluns)
    • Thirame (Saint Cyprien)
  • D’autres Unités de distributions sont touchées par des dépassements de métabolites de l’Atrazine de manière récurrente : il s’agit de Planèzes, Trilla et le Hameau de Borde Neuve à Rasiguères.
    Des solutions de traitement sont en cours d’étude.
  • Enfin en 2020, 2 UDI (Trilla et Tautavel) ont fait l’objet d’une interdiction de consommation : pour des raisons de dépassement de la Valeur Sanitaire pour l’une et pour dépassement de la valeur réglementaire en l’absence de Valeur sanitaire, pour l’autre.

Dans les 2 cas il s’agissait de pollutions ponctuelles et accidentelles, qui ont donné lieu à des enquêtes et mesures correctives. Ces situations sont aujourd’hui révolues.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

  • Concernant la pollution par des pesticides, survenue à Tautavel en juin 2020 : une enquête environnementale a permis de mettre en évidence les sources de contamination. Un filtre au charbon actif adapté au traitement des molécules en présence a été mis en service. La communauté urbaine a enclenché une animation autour de ce captage prioritaire, un plan d’action est en cours d’élaboration. Enfin, une ressource alternative qui permettrait d’abandonner cette ressource trop vulnérable est en cours d’autorisation.
  • La commune de Trilla, fait quant à elle, l’objet de dépassements ponctuels depuis plusieurs années en métabolites de pesticides. En décembre 2020, une forte pollution par d’autres pesticides a été mise en évidence. L’enquête environnementale n’a pas permis d’en établir l’origine. Les dépassements n’ont perduré que 3 semaines (accompagnés d’une interdiction de consommation). La communauté de communes a depuis travaillé à la mise en place d’une filière de traitement permettant de réduire les teneurs en métabolites faisant l’objet de dépassements de manière permanente. Le traitement devrait être opérationnel début 2022.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans le Tarn

Bilan et carte bactériologique

Bactériologie Tarn (Bilan eau 2020)

Plus de 99% de la population du département du Tarn est alimenté  par une eau de bonne qualité bactériologique : la qualité bactériologique des eaux distribuées dans le Tarn est donc satisfaisante malgré quelques contaminations pour certains secteurs. Ces non-conformités sont le plus souvent dues à des installations nécessitant des travaux. L'absence de protection des ressources et une désinfection insuffisante de l’eau sont également à l'origine de certaines contaminations.

Bilan et carte nitrates

Nitrates Tarn (Bilan eau 2020)

L’eau distribuée dans le Tarn est de très bonne qualité vis-à-vis du paramètre nitrates : plus de 99% de la population alimentée par une eau conforme à la norme.

Le Tarn est un département agricole. A noter une contamination chronique de certaines ressources, en particulier au niveau des eaux des Monts d'Alban et de l'Ouest du Cordais.

Bilan et carte pesticides

Pesticides Tarn (Bilan eau 2020)

Plus de 82% de la population du Tarn est alimenté par une eau qui n’a pas dépassé les normes pesticides en 2020.

Certaines ressources du département présentent une pollution chronique vis-à-vis des pesticides. Des stations récentes permettent de traiter l'eau et de distribuer de l'eau de qualité. Dans le secteur centre du département, malgré une station de traitement récente et apte à produire de l'eau de qualité, on observe des dépassements. L'exploitation de cette installation peut être améliorée. De façon générale, l'usage de pesticides à proximité des ressources en eau doit être le plus réduit possible voire nul.

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

Une sensibilisation des collectivités est menée afin qu'elles s'engagent dans un plan de gestion de la sécurité sanitaire de l'eau. Cette démarche vise à établir un état des lieux objectif des installations et des pratiques du service chargé de la production et de la distribution d'eau potable. Un plan d'actions permettant d'améliorer la formation des personnels, les méthodes de travail, les installations et donc la sécurité sanitaire de l'eau est ensuite élaboré. Il est accompagné d'un échéancier de mise en œuvre.

Présentation départementale de la qualité de l’eau dans le Tarn-et-Garonne

L’eau du robinet distribuée en Tarn-et-Garonne provient de :

  • 10 % de captage d’eau souterraine (nappes superficielles et profondes)
  • 46 % d’eau superficielle (cours d’eau, lacs)
  • 44% d’un mélange d’eau souterraine et d’eau superficielle.

Les prélèvements d’eaux du contrôle sanitaire réglementaire sont réalisés aux points de surveillance réguliers (395 points établis) pour l’analyse des eaux au niveau des installations suivantes :

  • 50 captages d’eau brute
  • 35 points de mise en distribution (sortie usine de traitement ou sortie du réservoir de tête)
  • 46 réseaux de distribution (robinets normalement utilisés par l’usager)

Bilan et carte bactériologique

La population du département de Tarn et Garonne est alimentée par une eau de bonne qualité bactériologique. Il existe cependant des situations de non conformités ponctuelles. Certaines ont fait l’objet de limitations de consommations de quelques jours en 2020 sur les communes de Coutures et de Varen.

Toutes les eaux sont désinfectées avant leur mise en distribution. Cependant, au cours de son transport, l’eau peut subir une dégradation liée à la longueur du réseau, à l’absence de soutirages dans certaines zones rurales, à l’insuffisance de désinfectant à la sortie de l’usine de traitement, à la présence de biofilm.

Bactériologie Tarn-et-Garonne (Bilan eau 2020)

Bilan et carte nitrates

En ce qui concerne le paramètre nitrates, les eaux distribuées dans le département sont conformes à la limite de qualité fixée à 50 mg/l (excepté pour une mesure qui a dépassée ponctuellement la limite de qualité en janvier 2020 sur le syndicat des eaux de Cazes Mondenard).

Le syndicat des eaux de Cazes Mondenard est concerné par la problématique nitrates. Toutefois, la dilution de l’eau du puits de Ladoux avec l'achat d'eau du syndicat des eaux du Quercy Blanc permet de diminuer la teneur en nitrates avant distribution et de respecter la limite de qualité ; l’unité de pompage est équipée d’une surveillance en continu de la teneur en nitrates pour gérer la mise en service de la dilution. En outre un contrôle mensuel en nitrates est réalisé par l’ARS au niveau de la ressource et de l’eau distribuée.

Nitrates Tarn-et-Garonne (Bilan eau 2020)

 Bilan et carte pesticides

Une partie du département est impactée par la présence d’un métabolite du S-métolachlore (l’ESA-métolachlore). Il est constaté des dépassements de la limite de qualité réglementaire fixée à 0,1 µg/l pour ce paramètre au niveau de plusieurs unités de distribution sans dépasser la valeur sanitaire maximale établie par l’agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) :

  • dépassement récurrent, supérieur à 30 jours sur l’année 2020, pour les unités de distribution d’Auvillar, Beaumont-de-Lomagne, Castelsarrasin, Dunes-Donzac,  Grisolles,  Lavit, Montech, Nègrepelisse, Saint-Nicolas de la Grave, Varen et Verdun-sur-Garonne,
  • dépassement ponctuel, inférieur à 30 jours sur l’année 2020, pour les unités de distribution de Valence d’Agen, Golfech, Malause, Montbarla-Saint-Amans de Pellagal et Saint-Gery-Puylagarde.

Des traitements existent pour la plupart de ces unités exceptées pour les unités de Varen et de Verdun-sur-Garonne.

Les traitements existants sont :

  • des étapes d’affinage (rétention des pesticides par des charbons actifs),
  • une dilution par interconnexion avec un autre réseau avant distribution.

Le traitement de certains pesticides comme l’ESA-métolachlore exige un renouvellement fréquent des supports de traitements ainsi qu’une optimisation des filières de traitement.

Pesticides Tarn-et-Garonne (Bilan eau 2020)

Présentation des actions mises en œuvre pour rétablir la qualité de l’eau

Afin de supprimer les dépassements de la limite de qualité sur les paramètres pesticides dans l’eau destinée à la consommation humaine distribuée en Tarn-et-Garonne, des actions curatives et préventives doivent être menées par les personnes responsables de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE).

Les solutions curatives, dont l’objectif est de mettre fin à la non-conformité de l’eau distribuée, passent notamment par l’amélioration de la filière de traitement (ajout d’une étape d’affinage) et/ou de l’optimisation de la gestion des unités de traitement pour les filières déjà équipées d’étape d‘affinage.

La mise en en œuvre de mesures préventives pour améliorer et préserver la qualité des ressources en eau impactées par des pollutions diffuses (pesticides et nitrates) est également nécessaire.

De manière générale l’ARS, en plus du contrôle sanitaire, réalise un travail d’animation et d’accompagnement auprès des PRPDE afin de les informer des obligations réglementaires, de favoriser le déploiement des plans de gestion et de sécurité sanitaire de l’eau (PGSSE) et d’inciter à tendre vers la meilleure qualité de l’eau distribuée pour la consommation humaine.