Echange d'expérience > Manou Balnath, interne en médecine générale à la Maison de Santé Simone Veil à Figeac

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#MédecinDemain. Manou Balnath interne en médecine
Manou Balnath, interne en médecine générale à la Maison de Santé Simone Veil à Figeac, nous livre son expérience sur l’exercice de la médecine en milieu rural et semi-rural à Figeac dans le Lot.
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S’inscrire dans une démarche de service public

Au moment d’entamer les études de médecine, j’avais déjà effectué un parcours en CPGE littéraire et master de littérature anglaise qui me destinait à une carrière dans l’enseignement. Ainsi, dans la continuité de mon cursus antérieur, j’avais dès le premier cycle la volonté de m’inscrire pleinement dans une démarche de service public, au sens fort du terme. Pour y parvenir, mon intérêt s’est très vite porté sur la médecine générale en milieu rural et semi-rural. Une discipline polyvalente, un cadre de vie proche de mes racines, le sentiment d’être là où les gens en ont le plus besoin : que pourrais-je désirer de plus ?

"la possibilité d’un exercice coordonné
est un élément qui déterminera fortement mon installation..."

Le choix du département, le Lot, s’est fait naturellement en construisant un projet de vie avec ma compagne qui se destine aussi à la médecine générale en zone sous-dotée. Enfin, si la possibilité d’un exercice coordonné est un élément qui déterminera fortement mon installation dans un endroit précis, j’envisage de plus en plus de réaliser une formation complémentaire en addictologie afin de pouvoir effectuer une partie de mon activité en CSAPA (Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie).

S’investir dans un réseau d’acteurs de santé locaux

Je suis encore en première année d’internat mais les opportunités sont déjà nombreuses pour se constituer un réseau en vue d’une installation future. A Figeac (Lot), mon premier semestre m’a permis de découvrir la Maison de Santé Simone Veil et d’échanger non seulement avec les professionnels qu’elle rassemble, mais aussi avec d’autres acteurs de santé locaux (Centre Hospitalier, Mairie, Grand Figeac…). Là, l’exercice coordonné y prend tout son sens : échanges informels entre professionnels de santé, Réunions de Concertation Pluridisciplinaires, réunions/ateliers de formation interprofessionnelles, élaborations pluridisciplinaires de protocoles de soins font partie des habitudes de la maison !

Un exercice compatible avec l’équilibre vie professionnelle / vie privée

En ce qui concerne la manière dont j’envisage mon équilibre vie professionnelle/vie privée, j’espère qu’il me sera possible d’avoir une semaine de travail à 4-5 jours avec 10h de travail au maximum par jour. Si j’ai pu retenir une chose de l’épidémie de COVID-19, c’est bien que la téléconsultation est une pratique qu’il faudra apprendre à maîtriser pour pouvoir se dégager du temps pour les consultations en présentiel comme pour les activités personnelles.

Se donner les moyens d’y arriver

"les considérations propres aux perspectives professionnelles ne se posent que trop tardivement au cours des études médicales..."

A mon sens, les considérations propres aux perspectives professionnelles ne se posent que trop tardivement au cours des études médicales pour la plupart des gens. S’il me fallait conseiller une seule chose à quelqu’un en 1er ou 2e cycle, ce serait d’être proactif dans ce domaine : ne pas hésiter à contacter des médecins en exercice pour voir la réalité et la diversité des différents modes d’exercice (peu importe la ou les spécialités convoitées). Les congrès peuvent aussi s’avérer intéressants (Université d’Eté du Gers, pour la médecine en milieu rural, par exemple) en termes de rencontres et d’échanges.

Enfin, Manou Balnath nous rappelle que : « Se faire acteur de son propre avenir professionnel, c’est une façon de donner du sens aux études, surtout quand elles sont aussi longues que les nôtres ! »