Occitanie

Les risques potentiels pour la santé

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Un enfant boit un verre d'eau en fixant l'objectif
De très nombreux paramètres sont surveillés pour garantir que l’eau est bonne pour la consommation humaine. Tous n’ont pas les mêmes conséquences potentielles sur la santé ou les mêmes limites et références de qualité.
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Principes généraux sur les risques sanitaires dans l’eau potable :

  • On parle de danger pour une substance qui peut avoir des conséquences néfastes sur la santé. On parle de risque quand des consommateurs sont effectivement exposés à un danger.

Exemple : du plomb dans l’eau est un danger, mais n’est pas un risque si personne ne boit cette eau.

  • Une eau transparente n’est pas forcément potable ou sans danger (de nombreuses substances sont microscopiques, notamment les bactéries, virus et certains parasites),
  • La plupart des substances ne sont dangereuses qu’audelà d’une certaine concentration,
  • Pour calculer à quelle concentration une substance dans l’eau présente un danger pour la santé, on prend on compte la consommation d’eau durant toute une vie.
  • Certains paramètres ont des conséquences mal connues sur la santé, on applique alors le principe de précaution en attendant une expertise scientifique qui permettre de déterminer une limite règlementaire de qualité.
  • Un dépassement sur la quantité d’un paramètre de l’eau qui peut présenter un risque pour la santé entraîne immédiatement un signalement et une suspension de la consommation de l’eau du robinet, ou des consignes de consommation limitée si le risque concerne certains usages ou certaines populations sensibles seulement.

Il existe plusieurs grandes familles de paramètres qui sont suivies dans l’eau potable :

Les paramètres microbiologiques :

L’eau peut contenir des bactéries, virus et parasites dont certains ont des conséquences néfastes sur la santé. Il n’est pas possible de mesurer la concentration de chaque agent pathogène, on surveille alors des germes « témoins » qui permettent de savoir si d’autres germes peuvent être présents dans l’eau ou non.

Les symptômes classiques d’une intoxication microbiologique due à l’eau sont digestifs (type gastro-entérite aigüe), mais d’autres symptômes peuvent être causés par des pathogènes dans l’eau. La majorité des eaux brutes présentent des agents pathogènes, mais on peut les neutraliser efficacement en utilisant un traitement adapté (chlore notamment).

Les eaux chaudes pulvérisées (douche, bain à remous…) peuvent contenir des légionnelles, une bactérie spécifique responsable d’une pathologie potentiellement grave, la légionellose.

Les substances naturellement présentes dans l’eau :

De nombreuses substances sont présentes dans l’eau potable. La plupart d’entre elles n’ont habituellement pas de conséquence néfaste sur la santé, ou sont mêmes nécessaire au fonctionnement de l’organisme. Une concentration trop élevée peut toutefois avoir des effets négatifs sur la qualité de l’eau (goût, couleur) voir sur la santé. Ces substances sont donc elles-aussi contrôlées.

Les substances indésirables :

Plusieurs substances sont indésirables dans l’eau potable, soit parce qu’elles sont dangereuses pour la santé (plomb, mercure), soit parce qu’elles ne sont habituellement pas présentes dans l’eau sans action humaine et qu’elles pourraient présenter un danger pas encore établi (pesticides). Les substances dangereuses ou dont les effets sur la santé sont mal connus sont contrôlés par rapport à des limites de qualité strictes et actualisées selon l’avancement de la recherche.

Par exemple, on peut considérer les nitrates comme une substance indésirable. La présence des nitrates dans les eaux est due à leur présence naturelle dans l’environnement, mais aussi à une contamination de la ressource en eau par des activités humaines (rejets urbains ou industriels, pollution agricole due aux engrais minéraux et organiques).

Dans l’organisme humain, les nitrates se transforment en nitrites. Ces derniers peuvent présenter un risque pour la santé, par la modification des propriétés de l’hémoglobine du sang en empêchant un transport correct de l’oxygène par les globules rouges. Chez les très jeunes enfants de moins de 6 mois, cette maladie appelée méthémoglobinémie, provoque des cyanoses parfois sévères. Les femmes enceintes et les nourrissons sont les populations les plus sensibles.

Parmi les substances indésirables, le cas des pesticides est particulier : ils sont indésirables et certains ont des effets négatifs connus pour la santé, mais ils sont très nombreux et peuvent changer de forme pendant leur dégradation (métabolites). Les conséquences sur la santé de toutes ces substances séparées ou additionnées sont souvent mal connues, on applique alors une limite de 1 microgramme par litre pour chaque type de pesticide ainsi qu’une limite de 5 microgrammes par litre pour l’ensemble des pesticides mesurés dans un échantillon. Les pesticides dont la toxicité pour l’homme est avérée ont des limites définies selon les résultats de la recherche.

Les dérivés de traitement :

Le traitement de l’eau est souvent nécessaire pour s’assurer que l’eau est potable, c'est-à-dire sans risque sanitaire. Cependant, un traitement non contrôlé ou inefficace peut aussi introduire des substances dont la quantité présente un danger. C’est pour cela que les stations de traitement sont conçues et contrôlées pour s’assurer que les limites de qualité soient respectées.

Les paramètres témoins :

Certains paramètres ne sont pas directement liés à un danger pour la santé, mais permettent de détecter un autre danger ou un problème au niveau de la ressource ou du traitement. C’est par exemple le cas de la turbidité : plus une eau est turbide, plus elle contient des éléments en suspension qui ne sont pas nécessairement dangereux mais réduisent l’efficacité des traitements (notamment sur les agents pathogènes).