Le Chlorure de Vinyle Monomère (CVM)

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CHLORURE DE VINYLE MONOMÈRE

Les conduites composant le réseau d’eau potable sont composées de différents matériaux, notamment du PVC. Les conduites en PVC datant d’avant 1980 font actuellement l’objet d’une surveillance particulière, car elles peuvent libérer dans l’eau du chlorure de vinyle monomère (ou CVM), présentant potentiellement un risque pour la santé.

Généralités sur les canalisations en eau :

Les conduites utilisées pour transporter l’eau potable ne doivent pas dégrader la qualité de l’eau par leur composition ou leur état. Il existe une règlementation et des agréments qui s’assurent que chaque matériau utilisé pour transporter l’eau potable est conforme et ne présente pas de risque pour la santé.

Certaines canalisations datent d’avant ces règlementations. Certains matériaux connus pour libérer des particules nocives, comme le plomb, sont progressivement remplacés et le taux de ces composants nocifs bien connus fait l’objet d’une surveillance spécifique dans les réseaux de distribution d’eau.

Où se forme le chlorure de vinyle monomère ?

Afin d’éviter les risques sanitaires liés aux conduites en métal, les réseaux sont depuis longtemps composés pour une grande partie en PVC. Cependant, les canalisations datant d’avant 1980 n’ont pas subi les mêmes procédés de fabrication que les matériaux actuels, et certaines de ces anciennes canalisations peuvent (dans certaines conditions) libérer du chlorure de vinyle monomère (ou CVM).

Le CVM se forme à partir du PVC des canalisations datant d’avant 1980. C’est un composé qui peut circuler dans l’eau mais qui est volatile, il se disperse donc rapidement dans l’air lorsque l’eau est aérée. Le CVM est particulièrement présent dans les réseaux où l’eau circule peu (réseaux étendus ou peu utilisés) et lorsque l’eau est chaude. Il est cependant difficile de savoir précisément où le CVM peut se former, car la libération de CVM dépend aussi de la composition de chaque canalisation en PVC datant d’avant 1980, de l’organisation du réseau et d’autres facteurs.

Quels risques pour la santé ?

Les risques pour la santé liés au CVM ont été surtout étudiés en milieu professionnel, à de fortes concentrations, et par voie respiratoire. Le CVM peut, dans ces conditions, provoquer une forme spécifique de cancer du foie, l’angiosarcome hépatique.

Les risques que le CVM peut présenter dans l’eau potable n’ont pas encore été suffisamment étudiés, mais le principe de précaution s’applique. En effet, il est difficile de savoir si le CVM a un impact sanitaire sur la population, car même si les angiosarcomes hépatiques sont  très rares dans la population générale, il n’est pas encore possible d’être certain que le CVM n’accentue pas les risques d’autres cancers du foie comme l’hépatocarcinome, qui a des facteurs de risques très divers (alcool, antécédents de maladies du foie…).

Le CVM dans l’air ne présente un risque qu’à de fortes concentrations rencontrées seulement en milieu professionnel, le risque par voie respiratoire est quasiment nul pour le reste de la population.

Quelles mesures de gestion ?

Comme précisé plus haut, il est difficile de savoir précisément où le CVM se forme sans de vastes campagnes de mesures, et les risques pour la santé dans l’eau potable ne sont pas encore établis.

L’ARS mesure le CVM dans certaines des analyses du contrôle sanitaire de l’eau potable. De plus, il est demandé aux personnes responsables de la distribution de l’eau de repérer les canalisations pouvant présenter un risque puis d’établir un plan d’échantillonnage comprenant des prélèvements et des analyses par un laboratoire accrédité COFRAC et agréé par la Ministère de la Santé.

Dans le cas où la concentration moyenne en CVM dépasse le seuil règlementaire (0,5 µg/L), la personnes responsables de la distribution de l’eau doit engager des travaux afin de rétablir la qualité de l’eau de manière pérenne : interconnexion, remplacement des canalisations impliquées, tubage.

Si aucune mesure corrective ne peut être mise en œuvre ou ne s’avère efficace, des mesures de restrictions de consommations doivent être prises.   

Chez le consommateur, il est bénéfique d’avoir recours à une carafe et de la laisser aérer au réfrigérateur, car cela permet aussi le dégazage de certaines molécules responsables d’un « goût chloré » dans l’eau. Par contre, l’utilisation de cartouches filtrantes afin d’éliminer le CVM de l’eau n’est pas conseillée.